Au départ du bar à Cocktails Life is beautiful, les spectatrices et spectateurs déambulent jusqu’au Riches Claires et sont invités à s’installer dans le bar. Ambiance chaude et tamisée, musique jazzy flottante, l’atmosphère nous englobe dans un cocon doux. Une serveuse à la gouaille charmante apostrophe l’un ou l’autre tout en distribuant des verres de cocktails. Ce sera le premier de la soirée et chaque cocktail amènera une réflexion sur l’expérience individuelle et commune que l’on peut faire de l’alcool.
Premier cocktail citronné. On se pose d’abord dans le monde arabe. Parfois, il semblerait que le monde occidental oublie que le Moyen-Orient n’est pas fait que d’interdictions et de Coran. Il est aussi fait de plaisirs et qu’il recèle en son sein le prénom Nadim qui puise son essence dans la racine « nadîme » et qui signifie « compagnon de boisson, convive, ami avec qui on partage la parole précieuse ». Il y a tout un art de boire, tout un art de boire l’alcool et de le partager. Parce que comme dirait l’homme en noir accoudé au comptoir, notre orateur du soir joué par Laurent de Sutter ; boire à un, c’est pour les autistes, c’est au-delà de deux qu’on boit mieux.
Deuxième cocktail aux saveurs de sésame et de thé matcha. On reprend nos casques pour que les mots de Sara Selma Dolorès chuchotés au micro viennent se couler dans nos oreilles. Un temps suspendu pour savourer ce breuvage et sentir doucement l’alcool faire son office dans notre corps. Relâchement de ce dernier, dopamine et sérotonine, lâcher prise.
Troisième cocktail au mescal, note fumée et booste gustatif, le goût de la fin.
Ici, c’est le temps de l’excitation. L’excitation qui soulève les foules et qui les rend totalement incontrôlables, qui les rend imprévisibles. Interdir l’alcool, c’est bridé les classes laborieuses, c’est couper court à toute révolution possible. Tandis que les gouvernements préfèrent nous faire avaler couleuvres, Prozac et somnifères.
Dernière goutte de cocktail bue. L’esprit embrumé, on ressort de cette performance avec un palais excité par toutes ses saveurs savamment mélangées et des envies de lever des verres en présence de ceux qu’on aime pour plus tard, qui sait, lever nos poings pour mener quelques révolutions.
Une performance délicieuse, drôle, charmante et enivrante à découvrir.
Plus d’infos sur le festival : https://famefestival.be/fr/
