Sons Of Apollo : Psychotic Symphony

 

Revoici le légendaire batteur Mike Portnoy et son acolyte Derek Sherinian dans un nouveau supergroupe baptisé cette fois Sons Of Apollo.

Les deux ex-membres de Dream Theater avaient déjà collaboré il y a quelques années sur une tournée (sous le nom de PSMS) en compagnie du bassiste Billy Sheehan et du guitariste Tony McAlpine. Une formation qui avait redonné vie à cette relation très forte entre Sherinian et Portnoy. Mais bien évidemment, des soucis d’agenda liés aux nombreux projets du batteur allaient postposer cette collaboration jusqu’en 2017, où les deux « Del Fuvio Brothers », comme on les appelait du temps de Dream Theater, vont se retrouver et pouvoir enfin former ce groupe qu’ils voulaient créer depuis si longtemps.

Pour ce faire, ils vont naturellement demander à Billy Sheehan de venir leur prêter mains fortes. Un choix on ne peut plus logique quand on voit la connivence qui s’est créée entre lui et Portnoy dans The Winery Dogs et avec Sherinian lors de la fameuse tournée PSMS.

A la guitare, c’est Ron « Bumblefoot » Thal, l’ex-Guns N’ Roses qui viendra apporter son jeu extraordinaire. Et enfin, au chant, une voix que les fans d’Yngwie Malmsteen connaissent bien, Jeff Scott Soto, un incroyable talent.

 

 

Ensemble, ils enregistrèrent Psychotic Symphony, un premier album redoutable.

Une fois de plus, Portnoy s’est entouré de pointures pour jouer avec lui et on peut donc deviner sans crainte que cet album sera une réussite de plus dans son impressionnante discographie.

Le disque s’ouvre sur la chanson God of the Sun. Dès le début, le clavier hurlant et si typique de Sherinian se fait entendre. Une introduction mystérieuse qui nous donne envie de découvrir davantage. Vient ensuite la guitare de Ron Thal et le groupe entre en action. Et là, la magie opère. La couleur du son si atypique de chacun de ces musiciens résonne de façon magistrale sur ce disque. Il y a une richesse sonore qui amène ici quelque chose de vraiment particulier d’entrée de jeu.

Coté genre, il est bien difficile de caser Sons Of Apollo dans un style particulier. Sur ce premier morceau, par exemple, on a tout d’abord affaire à un groupe de power metal. Et il faut le souligner, ça fait un bien fou de retrouver Portnoy dans ce genre de configuration. Non pas qu’on aimait pas les Neal Morse, Flying Colors et consort. Mais le fait de sortir de ce genre pour revenir à quelque chose de plus « rentre dedans » est assez bienvenu.

Le batteur nous sert ici de beaux passages mais soutient surtout la rythmique et met en évidence les riffs de Thal, Sheehan et Sherinian qui forment ensemble un bloc solide.

L’ensemble finit tout de même par apporter une partie technique dans ce morceau histoire de satisfaire tout le monde. Les variations de genres proposées ici collent parfaitement et on peut constater que finalement, les Del Fuvio retombent toujours sur leurs pattes sans que cela paraisse “fabriqué”.

Jeff, quant à lui, est le chanteur idéal pour ce genre de groupe. Alliant puissance et mélodie, ce dernier est un élément clef de cette nouvelle formation.

On passe ensuite à Coming Home, le premier single issu de cet album. Très entrainant avec ce riff bien calibré, c’est un titre que l’on retient facilement et qui montre à la fois la virtuosité de chacun.  Ron Thal montre l’efficacité de son jeu incroyable et cette virtuosité qu’il semble maîtriser sans effort.

 

 

Signs of the Time est quant à lui un morceau redoutable avec un refrain de toute beauté. C’est aussi dans ce genre de morceau que l’on voit ce qu’apporte quelqu’un comme Scott Soto. Inutile de décrire chaque titre, l’album est simplement au-delà de ce à quoi on pourrait s’attendre.

Il y a une alchimie incroyable entre les musiciens qui leur permet de prendre des directions totalement inattendues. On sent qu’ici tout est possible et que l’expérience de chacun renforce le jeu de l’autre.

Sons of Apollo est clairement une formation qui montre que tout reste à faire en musique et que les possibilités de créativités sont infinies.

Psychotic Symphony est certainement un album qui va déranger certains détracteurs qui ne pensaient certainement pas voir revenir Portnoy et Sherinian en si grande forme. Mais il faut le reconnaître, le résultat parle de lui-même sur ce disque et il va sans dire que ce nouveau groupe va faire des ravages.

 

Note : 9/10

 

Christophe Pauly
A propos Christophe Pauly 484 Articles
Journaliste et photographe du Suricate Magazine