« Something In The Water », un thriller aquatique qui réussit à maintenir la tension tout en restant à la surface.

Something In The Water
de Hayley Easton Street
Action, Thriller
Avec Hiftu Quasem, Natalie Mitson, Lauren Lyle
Sortie en salles le 10 juillet 2024

La recette n’est certes pas nouvelle : un groupe d’amies se retrouve la proie d’un requin affamé. Après de nombreuses tentatives, pour certaines complètement ratées, de mettre en image ce grand prédateur des mers, ce dernier film de requin n’est certainement pas un Jaws moderne. Mais, contrairement à des films comme Peur Bleue ou plus récemment Instinct de survie, Menace en eaux profondes a tout de même le mérite d’aborder le sujet avec un angle légèrement différent, suffisamment pour revitaliser le trop souvent malmené genre du film de requin.

Lizzie, future mariée, rassemble son groupe d’amies pour fêter son enterrement de vie de jeune fille. Cam, Ruth, mais aussi Meg et Kayla, autrefois en couple, se joignent à elle. La dernière activité de la journée est une escapade en mer vers une île paradisiaque isolée. Leur amitié est mise à rude épreuve lorsqu’elles se retrouvent en pleine mer après le naufrage de leur bateau.

Le début du film est quelque peu maladroit, avec une exposition qui manque de subtilité pour présenter le passé compliqué de deux personnages. Cette maladresse est rapidement éclipsée par une musique moderne qui vient donner un vent de fraicheur au genre. On découvre un groupe d’amies dynamique, chaque personnage étant bien défini et contribuant à l’histoire. On évite le syndrome encore trop présent du « faire joli » par des décisions motivées par leurs vécus, leur personnalité et leurs relations.

La bande-annonce promettait une réflexion intéressante sur notre manière de gérer le stress. En effet, la protagoniste nous est présentée comme une jeune femme anxieuse, trouvant son apaisement dans des audios de méditation. Elle suit les instructions typiques données par l’enregistrement, lui indiquant qu’elle n’a rien à craindre. Le même audio est réitéré par la suite lorsque notre protagoniste se retrouve échouée en plein milieu de l’océan en proie à un requin. Cet aspect ne se retrouve malheureusement pas dans le film. La juxtaposition saisissante entre le calme artificiel suggéré par l’audio et la réalité terrifiante de la menace imminente aurait pu offrir un contraste poignant et moderne, critiquant la superficialité de la recherche du bien-être dans certains cas extrêmes. L’absence de cette tension entre le calme imposé et la panique réelle enlève une dimension critique potentiellement percutante, qui aurait pu dénoncer une certaine dictature ambiante de la zénitude. Ce potentiel reste inexploité, laissant une promesse inaboutie entrevue dans la bande-annonce.

Le film joue avec les peurs, non pas en se focalisant sur le cliché du requin tueur, mais en explorant la peur de la profondeur et de l’immensité de l’océan. Il n’y a pas de grands moments de tension sous apnée où le spectateur retient son souffle. Ce thriller aquatique opte pour la sobriété, rendant le prédateur plus menaçant par sa discrétion. Contrairement à l’image souvent exagérée du requin prêt à tout pour tuer, cette sobriété est nécessaire pour la crédibilité du scénario. Le film va plus loin en mettant à l’épreuve l’amitié des personnages, au-delà du simple instinct de survie. C’est un survival minimaliste, mais efficace par son analyse des dynamiques relationnelles, s’agissant donc plus d’un film sur les relations humaines qu’une véritable chasse au requin.

La réalisatrice, Hayley Easton, est à surveiller de près, notamment pour son prochain film The Climb, un éco-thriller prometteur.