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    Sam Sauvage : le dandy de la pop française 

    Costume impeccable et posture assumée, Sam Sauvage a l’allure des plus grandes stars. 

    Depuis un peu plus d’un an, sa voix traîne dans les playlists Spotify et sa silhouette se glisse sur les plus grandes scènes et affiches. Pour un artiste qui a passé presque une décennie à chanter dans le vide, c’est une nouveauté. « Une chance », souffle-t-il.

    Derrière ce personnage de Sam Sauvage, il y a Hugo Brebion. Celui qui, adolescent, écoutait un peu de tout dans sa chambre :  «  Je suis une éponge. Je peux passer d’un classique de la chanson française à un son moderne. »

    Pour lui, la musique c’est une affaire sérieuse.  « Trop souvent, les gens affirment ne pas aimer un genre musical sans même l’avoir vraiment écouté, ce que je trouve regrettable. Personnellement, même si le métal ne fait pas partie de mes préférences, je prends le temps de l’écouter. Il est essentiel de savoir précisément ce que l’on rejette. » 

    Pour Le Suricate, Sam Sauvage se confie sur son ascension, son rapport à l’image et sur Ali qui lui a inspiré une de ses chansons.

    @ Hugo Lardenet

    Comment est-ce que tu vis maintenant le fait d’être suivi, observé et peut-être même attendu ? 

    C’est une chance. Il y a un an, ce n’était pas le cas. J’ai toujours écrit pour les gens. Maintenant, je sais qu’ils sont un peu plus nombreux à écouter ma musique. Beaucoup d’artistes aimeraient avoir cette base d’écoute. J’ai envie qu’elle reste, qu’elle soit contente, mais surtout j’ai envie de faire ce que j’aime. C’est mon moteur.

    Tu ressens une certaine pression ?

    Oui, mais je commence à l’apprivoiser. Je suis loin d’être une star internationale, donc j’ai encore une bonne marge de manœuvre. Ce qui est nouveau pour moi, c’est que les gens peuvent enfin avoir un avis. Pendant neuf ans, presque personne ne m’écoutait. Aujourd’hui, on peut dire que c’est bien… ou que c’est mauvais. À la fin, c’est le public qui décide.

    Chez toi, on sent un goût prononcé pour les marginaux, les grands rêveurs. Tu crois que tu en fais partie ? 

    Je ne me considère pas vraiment comme marginal et surtout, je me considère au sein des gens. Ce serait une erreur si je me mettais en position d’infériorité ou de supériorité par rapport aux personnes que j’observe. Je fais partie de la foule et j’aime bien jouer avec ça, ce regard collectif. On vit une époque à la fois géniale, parce que les gens s’acceptent mieux, et néfaste, parce qu’on passe notre temps à se regarder le nombril. J’essaie de rester au milieu.

    Il y a un imaginaire rétro qui entoure le personnage de Sam Sauvage. Est-ce que tu n’as pas peur qu’on te regarde uniquement à travers ce filtre ?

    Je n’ai pas peur qu’on m’apprécie ou pas. Il y aura toujours des gens qui m’enfermeront dans une image précise. Mais ça, je l’ai compris depuis longtemps : le mieux, c’est de s’en détacher et de continuer à faire ce que j’aime, sans chercher à coller aux attentes.

    Ton deuxième EP donne l’impression d’un Sam plus affirmé, moins timide que sur le premier. Est-ce que tu peux me parler de cette évolution, visuellement mais aussi artistiquement ?

    Sur le premier EP, Prémices, je me cachais un peu. C’était comme un « EP zéro » : des morceaux que j’aimais, mais pas totalement moi. Il y avait des influences très marquées comme Stromae. Aujourd’hui, je propose quelque chose de plus singulier. Peut-être pas encore totalement unique, mais j’en suis plus proche. Ça m’a donné la confiance de me montrer un peu plus, aussi visuellement.

    Ta chanson préférée sur l’EP en ce moment ? 

    En ce moment, je dirais Ali Roule de Nuit. Un soir, je devais absolument rentrer chez moi et j’ai fini par prendre un taxi, chose que je fais rarement, parce que c’est hors de prix. C’était vraiment un cas d’urgence. Il était une heure du matin, on s’est retrouvés coincés dans un bouchon improbable sur le périphérique à cause d’un accident. Et là, le chauffeur, Ali, s’est mis à me raconter sa vie. Je l’écoutais, un peu fermé au début, fatigué, pressé, comme on l’est souvent. Mais à un moment, j’ai décroché de mes pensées, et j’ai compris que ce qu’il me racontait, c’était plus qu’une anecdote. C’était un morceau de vie. Et c’est ce regard-là que j’essaie d’avoir dans mes chansons : observer sans juger.

    Est-ce que tu penses qu’Ali écoute cette chanson dans sa voiture ? 

    J’aimerais bien. J’ai essayé de contacter Ali, mais impossible de le retrouver. Si j’ai bien une raison pour laquelle je veux bien que le morceau marche, c’est pour qu’il puisse l’entendre et me contacter.

    On te colle parfois cette image d’industry plant. Ça t’agace ? 

    Je refuse qu’on me colle cette étiquette. À partir du moment où un artiste est signé, qu’il a un label, une maison d’édition, une équipe, on pourrait dire que c’est un « industry plant ». Mais ça ne veut pas dire que l’industrie musicale l’a « planté là » de toutes pièces. Je fais la musique depuis neuf ans, et je sais que d’autres artistes subissent à tort ces accusations. Bien sûr, nous bénéficions de l’aide de l’industrie, avec la promotion et les campagnes publicitaires, car c’est souvent le seul moyen d’exister et de se faire entendre aujourd’hui. Il y a des artistes qui choisissent de rester indépendants, et c’est très bien aussi. Mais trouvez-moi quelqu’un qui écoute des artistes qui n’ont jamais bénéficié d’un coup de pouce : ça n’existe pas.

    Ton profil, jeune homme blanc charismatique et artiste pop, est aussi plus  «acceptable » pour l’industrie. Tu en es conscient ? 

    Oui, je suis un homme blanc, je coche toutes les cases. Mais je ne me définis pas à travers cela. Ce sont des questions qui ne m’intéressent pas personnellement dans le sens où, je fais de la musique et je m’en tiens à ça.

    Ton esthétique visuelle, ta gueule, ta dégaine, c’est pensé, inspiré, ou totalement spontané ? Pourquoi le costume ?

    J’ai toujours eu un pied dans les classiques de la chanson française, avec parfois des goûts un peu « de vieux ». Aujourd’hui, j’intègre aussi des influences plus modernes. Mon style visuel, c’est une version amplifiée de moi-même. Dans la vie, que ce soit à Paris ou à Boulogne-sur-Mer, j’ai toujours porté une veste de blazer. La cravate, je la portais moins souvent, mais maintenant, sur scène, c’est presque devenu ma signature. Il faut une identité reconnaissable. Quand elle est authentique, c’est encore mieux : pas besoin de me travestir pour attirer l’attention. 

    Sam Sauvage se produira en Belgique aux dates suivantes : 

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