Rose, le quatrième show de Dan Gagnon

Difficile de louper Dan Gagnon, LE Québécois de Belgique, il est partout ! à la radio, à la télé, sur le web, et sur scène, où on le retrouve pour son quatrième one-man show, Rose. Après une première partie assurée par Florence Mendez, chroniqueuse radio sur la Première, Dan Gagnon prend possession de la scène pour une heure trente d’humour, mais pas que.

De l’utilité de l’humour

Dan Gagnon présente Rose comme son spectacle le plus abouti et le plus classique. Dans Dernière tournée d’adieu, son précédent show, il parlait du cancer de sa mère et de sa dépression. Avec Rose, le ton se veut plus léger ; le titre est d’ailleurs choisi en hommage à la guérison de sa mère. L’humoriste garde cependant sa « Gagnon-touch » et n’hésite pas à évoquer la grossesse extra-utérine de sa femme, « un sujet assez commun quand on commence à en parler autour de soi ». Et surtout, un sujet rarement traité par un homme ! A ce moment du spectacle, ce n’est pas l’humour de Dan Gagnon qui surprend, mais sa faculté à (ra)conter.

De toute façon, l’humour, Dan le veut utile, car il estime qu’à défaut de pouvoir changer les choses, il est possible de changer sa façon de les voir, afin que certains évènements soient moins difficiles, plus agréables. C’est cela que Dan veut partager avec son public : « j’essaye d’être une meilleure personne et de partager autour de moi ce que l’on m’a transmis et ce que je sais ».

La promesse de passer un bon moment

Le spectacle ne parle pas que de sujets compliqués. Il est en effet construit avec un début et une fin sous forme de sketchs qui respectent les codes de l’humour classiques. Il n’hésite par exemple pas à provoquer l’audience (peine perdue avec des Belges dont la chauvinerie est restée dans les coulisses de l’Histoire) pour tenter de récolter des insultes, ou à l’interroger : « Peut-on être une bonne personne et rigoler en voyant un enfant se casser la gueule ? ». Son public étant composé de nombreux fidèles qui reviennent plusieurs fois, Dan improvise un peu à chaque spectacle, pour que l’amusement reste intact.

Un des atouts de Dan Gagnon est d’ailleurs cet énorme capital sympathie. Pas fier, accessible, il bichonne son public : il interagit avec lui sur Facebook, le remercie régulièrement et chaudement… Et garde la porte de son spectacle grande ouverte. Il n’y a en effet pas d’entrée à payer : libre à chacun d’assister au show et de donner le montant qu’il souhaite à la fin selon son appréciation ou son budget. L’occasion pour l’humoriste de recevoir des petits mots, des bonbons, des cadeaux, etc. (Attention, les paillettes dans l’enveloppe, il paraît que c’est galère).

Alors, malheureusement, Rose ne fait pas rire à gorge déployée toute la soirée et certaines blagues s’avèrent inégales. Mais heureusement, aller voir Rose, c’est la promesse passer un bon moment, le sourire aux lèvres, en agréable compagnie. C’est aussi une opportunité de se prendre un petit rail de philosophie, sans s’en rendre compte, pour relativiser ses problèmes et repartir chez soi un peu plus heureux. Et en fait, c’est déjà pas mal !

L’interview de Dan Gagnon
https://www.dangagnon.be/

Elodie Mertz
A propos Elodie Mertz 116 Articles
Journaliste du Suricate Magazine