Rencontre avec la pétillante Lady Valentine

Elle fait partie des nouveaux artistes présents sur cette édition des Francofolies de Spa, elle est surprenante et très talentueuse. Valentine ou plutôt Lady Valentine nous raconte son parcours humain et artistique et nous présente son projet au travers de cette interview sans langue de bois. 

 

Bonjour, Lady Valentine.

Merci de nous accorder cette interview pour permettre à nos lecteurs de découvrir ton univers.

Pour commencer, pourrais-tu nous dire comment ce projet a débuté?

J’ai commencé à jouer du piano à l’âge de 9 ans. Au fil des années, l’idée de concrétiser le rêve de devenir auteure-compositrice a fait son chemin. Et puis, un évènement a bouleversé ma vie : le décès de mon frère. (En effet, en 2014, Olivier, le frère de Valentine décèdera prématurément alors qu’il effectuait les 20 km de Bruxelles. ndlr)

Je me suis mise à écrire et composer mes premières chansons environ trois mois après son départ. L’année suivante, je suis partie en Asie où j’ai vécu de belles expériences qui m’ont inspirée et ressourcée. Et c’est pendant ces quelques mois là-bas que j’ai enregistré mon premier titre (La vie est belle, à Bali) et pris la décision de me lancer une bonne fois pour toutes dans la musique en me donnant toutes les chances pour y arriver.

Avec le départ d’Olivier, j’ai pris conscience qu’on ne vit qu’une fois et que je devais essayer coûte que coûte de faire ce que j’aime par dessus tout : la musique.

 

Parlons maintenant de l’évolution de ce projet. Etait-ce un projet en solo ou as-tu fais appel à des musiciens pour t’accompagner?

J’ai démarré derrière mon piano, longtemps laissé à l’abandon. Et lorsque j’eus quelques chansons prêtes à être testées auprès d’un public, j’ai fait la connaissance d’un pianiste qui a accepté de m’accompagner. On a donc débuté les live en avril 2016 puis on est passé à la formule en groupe en novembre de la même année.

L’évolution s’est faite naturellement au fur et à mesure que ma musique a mûri. Cette formule piano-voix était bien entendu une étape importante. Mais très vite, j’ai ressenti le besoin de faire des choses différentes, plus produites ou avec de l’électro. Ce qui ne m’empêche pas de revenir au piano de temps en temps ou de mixer les deux formules.

Alors, tu nous as présenté l’histoire de Valentine, cette jeune fille qui voulait évoluer dans le milieu de la musique. Mais peux-tu nous dire comment est née Lady Valentine?

En novembre 2016, je suis partie un mois au Bénin pour travailler avec Saint-Maurice, un rappeur de Cotonou avec qui j’ai un projet parallèle et complémentaire (Lady Valentine + Saint Maurice). Le voyage m’a beaucoup apporté. Une occasion de faire le point sur ma vie et découvrir d’autres choses à partager. Et ce fut un vrai déclic car je me suis vraiment libérée là-bas. J’ai essayé plein de looks en changeant ma coiffure, mon maquillage… Je me suis lâchée sur scène où j’ai tenté des mouvements plus assumés, plus amples.

Je me sentais totalement libre alors qu’à Bruxelles, j’avais plus de mal à assumer ce que je faisais et ce que je voulais incarner. J’ai donc essayé un look plus afro que j’ai ramené en Belgique.

Et depuis, j’ai envie d’apporter ces influences africaines dans ma musique en y incluant des rythmes différents et des percussions par exemple.

J’ai donc trouvé mon identité visuelle et musicale lors de ce voyage et puisque les habitants m’avaient baptisé Lady Valentine, j’ai gardé ce nom pour la scène.

Moi qui avais ressenti ce manque de couleurs, de chaleur chez nous, j’allais maintenant réfléchir tous ces éléments au travers de ma musique et ainsi rayonner sur scène.

 

 

 

On ressent d’ailleurs ce changement lors de mes concerts. On commence avec une musique froide et plus électro qui va vers quelque chose de plus coloré et festif qui libère le corps, l’âme et l’esprit. Je tiens à ce passage de l’obscurité à la lumière. Du froid au chaud. Du noir au blanc. C’est un message important que je souhaite transmettre pour comprendre ma démarche. Passer du mode « mort-vivant » ou « survivant » au mode « vivant ».

Aujourd’hui je peux mettre des mots sur mon vécu et je tente d’en parler au travers de ces histoires.

 

Des histoires dans lesquelles on se retrouve finalement. 

Oui parce que ça parle de ce contraste que l’on vit tous, c’est-à-dire ces choix que l’on doit faire entre ce que nous offre la nature, la société et le fait d’y trouver un certain équilibre.

Moi je ressentais très fortement l’influence de ces deux pôles sur ma vie et ma musique. Il y avait soit me reconnecter à moi-même et à mes émotions, soit faire comme tout le monde, être rentable, etc..

Comme s’il me fallait choisir entre le fait de survivre dans ce monde où la peur fait la loi, où l’on ne vit que par procuration, dans cette vision à l’extrême, etc… Ou vivre ma vie à fond et faire ce que j’aime contre vents et marées malgré les difficultés que cela engendre mais aussi avec cette conscience qu’on ne vit qu’une fois.

J’ai choisi la deuxième option, parce que c’est une urgence quasi viscérale pour moi. Je ne voulais pas être prise dans un carcan qui allait m’empêcher de mener ce projet à bien, en étant ma propre patronne.

 

Est-ce que tu comptes concrétiser ton projet avec un disque? 

Oui, bien entendu. Je pensais sortir un EP pour la fin d’année, mais l’album est presque prêt, alors je me lance. En auto-production. Les morceaux sont en cours de finalisation. C’est le pan plus sombre de mon univers que je vais présenter. Ces premières chansons ont le bleu de la mélancolie, de la tristesse, du côté froid de la société dans laquelle j’ai grandi. Et ensuite, en 2018, je souhaiterais semer les graines de la partie plus chaude et joviale de mon être et de mon environnement, avec la sortie d’un titre à la fois, en prélude du deuxième album. C’est une démarche personnelle qui me tient à coeur. Elle me fait sens. Je ne souhaite pas faire quelque chose dans un but purement commercial. Je voulais aussi attirer l’attention du public sur le fait qu’il n’y a pas de joie et de vie sans tristesse ou souffrance. J’ai mis du temps à admettre que ce qui relève de la fragilité et de la vulnérabilité est aussi humain et beau. Ce ne sont pas des facettes dont on devrait avoir honte. Tout est complémentaire au fond. Et aujourd’hui, je suis plus dans l’acceptation de ces sentiments graves qui peuvent amener vers des sentiments plus gais et légers.

Avec mes chansons, je tenais à faire quelque chose de vrai et authentique au lieu de suivre les modes du marché de la musique. Pour moi, ce n’est pas viable sur le long terme si l’on prend uniquement en compte le côté commercial. Mon but est d’être totalement sincère, de faire confiance à mes intuitions et mes ressentis pour poser des actes. Même si ça peut engendrer une prise de risques, au moins, c’est sincère et ça, ça n’a pas de prix.

Dans le même sens, je souhaite que les gens ressortent d’une expérience Lady Valentine avec la pêche, des bonnes ondes et cette envie d’être bien avec eux-mêmes afin de faire le bien autour d’eux.

Peu d’artistes, au fond, osent avoir cette démarche personnelle dans leur projet. Il y a aujourd’hui énormément d’artistes mais aussi énormément de conformisme dans toutes ces productions « radio » qui vont souvent dans le sens du poil. 

Oui, ce n’est pas facile de résister à cette facilité.  J’ai mis beaucoup de temps avant d’avoir cette détermination et cette vision dans ma démarche.

En même temps, j’estime qu’il est important de rester flexible -quelle que soit la vision- par rapport à divers paramètres de la vie qui peuvent encore influencer notre parcours. Comme les rencontres, les évènements etc..

Parlons un peu de ce prochain concert aux Francofolies de Spa ce 20 juillet.

Comment es-tu arrivée là?

J’ai participé à divers tremplins pour essayer d’avancer un maximum et j’ai donc dû former rapidement un groupe pour pouvoir proposer quelque chose de concret et qui tienne la route.

J’ai énormément communiqué et fait des capsules pour embarquer mon réseau primaire dans mon évolution pas à pas et toutes les étapes de mon parcours. Pour peut-être inspirer d’autres personnes à développer leur propre projet artistique. Puis j’ai participé au tremplin des Francos où j’ai été retenue parmi les 9 finalistes. Et je suis donc impatiente d’y être et de pouvoir faire de nouvelles rencontres.

En tout cas, on te souhaite le meilleur pour ton projet et on espère que ce concert sera un vrai succès. 

A bientôt! 

 

Retrouvez Lady Valentine le 20 juillet à 17h15 sur la scène Trace du Village Francofou. 

Plus d’infos sur ce concert en cliquant ici.

Pour plus d’infos sur Lady Valentine, consultez la page Facebook en cliquant ici. 

 

Christophe Pauly
A propos Christophe Pauly 485 Articles
Journaliste et photographe du Suricate Magazine