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    Real Faces, génération désenchantée

    Présenté au festival du film d’Ostende, ce premier long métrage raconte les déboires de la jeune Julia (Leonie Buysse), de retour à Bruxelles après une déception amoureuse. Engagée comme assistante de casting en vue d’une publicité de parfum, Julia rencontre un réalisateur aussi capricieux que caricatural (Yoann Blanc), pose ses valises chez un microbiologiste peu causant (Gorges Ocloo) et se livre au casting sauvage dans les rues hivernales de la capitale belge. Caméra au poing, la réalisatrice Leni Huyghe propose avec Real Faces une immersion assez clinique et peu incarnée dans un microcosme où se croisent des membres d’une jeunesse désenchantée.

    Devant la caméra de Julia défilent les jeunes personnes qu’elle a accostées plus tôt dans la rue. Tous et toutes sont soumis à un questionnaire de Proust intrusif et existentiel, savamment élaboré par le réalisateur de la future publicité. Certains et certaines se prêtent au jeu, confiant à l’assistante leurs espoirs, croyances et doutes face à une époque peu réjouissante, déplorant les génocides ou la disparition des sorcières. Quant à Julia, volontairement opaque, difficile de deviner à quoi elle croit ou aspire, si ce n’est un nouveau chapitre dans sa vie professionnelle. La même chose pourrait être dite d’Eliott, son colocataire microbiologiste qui espère prochainement continuer ses recherches sur les lichens au Groenland. Les deux personnages stagnent, et le film voudrait nous faire croire à une rencontre entre deux solitudes. Mais contrairement aux lichens qu’Elliott conserve dans la baignoire, cette rencontre n’a rien d’organique, peut-être parce que Julia et et Elliott sont trop accaparés par leur réussite professionnelle respective et incapables de créer un véritable lien.

    Julia se cherche mais regarde la vie passer, quand elle ne se vautre pas dans de mauvaises décisions pour faire avancer sa carrière. Malgré les efforts de l’interprète principale, on ne peut que regretter un portrait assez superficiel d’une assistante de casting peu vaillante. Sous la pression d’un réalisateur en fin de carrière, la jeune femme balaie d’un revers de main les états d’âme de celles et ceux venus auditionner devant sa caméra. Difficile de ne pas voir une ironie maladroite dans ces « vrais visages » dont le récit reste en surface et ne creuse pas les sillons. On dénote un manque de tendresse évident de la part de la réalisatrice pour cette génération paumée, ainsi qu’un refus d’affirmer clairement son point de vue. Le spectateur se retrouve livré à lui-même devant un récit ouvert à toutes les interprétations et finalement peu engageant.

    Malgré une volonté de réalisme, la réalisatrice Leni Huyghe signe un scénario et une mise en scène peu inspirés et sans prise de risque où la plupart des situations et dialogues tombent à plat faute d’authenticité et d’un réel propos. Si Real Faces n’a pas la prétention de vouloir toucher l’universel ou un public précis, les jeunes milléniaux naviguant dans les eaux troubles de l’audiovisuel en manque de représentation y trouveront peut-être une forme de réconfort ou, plus certainement, un bon coup de cafard.

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    Real FacesRéalisatrice : Leni HuygheGenre : DrameActeurs et actrices : Leonie Buysse, Gorges Ocloo, Joely MbunduNationalité : BelgiqueDate de sortie : 22 avril 2026 Présenté au festival du film d’Ostende, ce premier long métrage raconte les déboires de la jeune Julia (Leonie Buysse), de retour...Real Faces, génération désenchantée