Titre : Portrait Huaco
Auteur.ice : Gabriela Wiener
Éditions : Metailié
Date de parution : 29 août 2025
Genre : Autofiction
Dans Portrait Huaco, Gabriela Wiener signe une autofiction percutante où elle traite sa propre vie comme une matière à la fois intime et politique. Le récit s’ouvre sur la mort du père, événement déclencheur qui vient exhumer un passé enfoui et amorce une profonde introspection mémorielle.
Gabriela Wiener, écrivaine péruvienne installée à Madrid, revient au pays à l’annonce de la mort de son père. Arrivée trop tard pour ses derniers instants, elle hérite d’un livre : Pérou et Bolivie, récit de voyage rédigé par son arrière-arrière-grand-père, Charles Wiener. Cet explorateur autrichien naturalisé français, célèbre pour avoir presque découvert le Machu Picchu, a surtout laissé une autre empreinte : celle du pillage colonial. Des objets précolombiens furent ramenés en France et exposés lors de l’Exposition universelle de 1878 à Paris. Entre ce passé familial glorifié et la douleur du deuil, Gabriela Wiener se confronte à une double filiation intime et coloniale qui nourrit le cœur de Portrait Huaco.
En questionnant sa filiation, l’autrice mène une véritable enquête journalistique : comment faire face à un héritage familial entremêlé à l’héritage colonial ?
L’ouvrage met en lumière le rôle des objets coloniaux, comme les huaco au musée du Quai Branly, qui deviennent des déclencheurs de mémoire et ravivent l’histoire écrite par un homme blanc du XIXᵉ siècle.
Gabriela Wiener interroge alors sa place de femme racisée dans une société occidentale traversée par un racisme systémique.
Dans une langue crue, sans détour, elle explore le deuil, le polyamour, la sexualité, mais aussi une forme de décolonisation, où l’héritage familial et l’histoire collective se répondent sans cesse. À travers cette démarche, l’autrice démontre que l’écriture est un outil de réappropriation, une façon de réécrire le récit dominant et d’ouvrir un récit incarné par le postcolonialisme.
Porté par un chapitrage dynamique et une écriture à la fois brute et envoûtante, Portrait Huaco se lit avec facilité : la brutalité de la langue en fait tout le charme, et l’on se peut se réjouir qu’il soit désormais disponible en format poche.
