
Ping ! Tome 2
Scénario : Axel
Dessin : Bloz
Éditeur : Bamboo
Date de parution : 28 janvier 2026
Genre : Bande dessinée jeunesse, Humour
Le tome 2 de la série Ping ! sort au moment où un film américain emmené par Timothée Chalamet compte remettre le ping-pong au centre du jeu : Marty Supreme. Ping ! ne se concentre cependant pas sur la personnalité d’un joueur juif américain mais d’un jeune garçon dont la passion est de taper la balle, même en vacances. Sous forme de gag d’une page, le sport est donc mis à l’honneur sous le signe de l’humour.
Les auteurs Bloz et Axel partagent les mêmes liens que leurs héros de bande dessinée : père et fils. Axel est au scénario et son père, Bloz, signe des bandes dessinées aux éditions Bamboo depuis une vingtaine d’années. Cette dynamique créative fait sens et renseigne donc sur l’histoire, qui voit donc principalement des gags entre le père, souvent mis à mal dans l’histoire, et son jeune garçon.
Si tous les gags ne fonctionnent pas ou ne font pas autant mouche, certaines planches font sourire (et feront sans doute rire ceux et celles qui rient aux éclats en lisant des bandes dessinées). L’univers décrit est celui, très masculin, des salles de ping-pong, de sa culture et de son vocabulaire très spécifique. Faut-il aimer faire du ping-pong pour lire Ping ! ou inversement, peut-on aimer Ping ! si l’on ne joue pas au ping-pong ? L’album, sans forcément être réservé aux initiés, cultive par endroits cet entre-soi pongiste, notamment dans les mots employés. Cependant, si certaines situations ne feront rire que les expérimentés de la raquette ou les sportifs mordus, l’humour reste tout de même très accessible et bon enfant.
Deuxième question piège : Ping ! Tome 2 et le ping-pong en lui-même ne sont-ils réservés qu’aux seuls garçons ? En effet, dans la première partie de la bande dessinée, on se demande où sont les femmes dans ces salles de ping-pong (de même que dans Marty Supreme, qui se déroule néanmoins dans les années 1950). À partir des 2/3 de l’album, Axel, que l’on sent moins à l’aise sur le sujet, intègre tant bien que mal des jeunes filles dans la salle, qui font même peur au garçon par leurs techniques redoutables, au point qu’il préfère à nouveau jouer contre son père, bienheureux de retrouver son fils…
Le ping-pong possède indéniablement un côté masculin (une certaine masculinité aussi, de type maigre et vive, comme celle avec laquelle Chalamet aime jouer, mais une masculinité tout de même), du moins en Occident, si ce n’est d’origine, du moins de réputation, et ce n’est ni cet album ni le film de Timothée Chalamet qui diront le contraire. Si le jeune héros (dont le prénom est très peu prononcé, voire jamais, le sport étant vraiment le vrai sujet) cite de nombreux champions, ce sera de nouveau pour faire la part belle aux hommes.
il faudrait revenir sur ce qui fait que cette image d’une certaine masculinité fine (et blanche ?) est associée en Occident (ou plus humblement, en France et en Belgique) au ping-pong, voir en quoi cette image est d’ailleurs fausse ou non et la comparer avec celle véhiculée en Asie. Tel n’est pas le but de cet album. Le dossier pédagogique de 6 pages promouvant le ping-pong et la Fédération française de tennis de table à la fin de l’ouvrage joue quant à elle la balle de l’inclusivité en montrant des femmes à quasiment toutes les pages, y compris en tournoi mixte. Est-ce pour la jouer « politiquement correct » ou pour essayer de s’ouvrir à un nouveau « marché », celui des filles agiles de la raquette, en les représentant davantage ? L’album Ping ! 2 ne répondra pas à cette question. Il permet en tout cas de surfer agréablement et avec le sourire sur la hype offerte sur un plateau d’argent par le gringalet le plus connu de la planète cinéma.
