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    Passeport : une fable trop sage sur l’exil 

    Après un succès parisien en 2024, la dernière création d’Alexis Michalik débarque sur les planches bruxelloises. Passeport retrace le parcours d’Issa, un jeune Érythréen laissé pour mort dans la « jungle » de Calais. Armé pour seul souvenir de son passeport, il s’engage dans une longue quête administrative et humaine pour obtenir un titre de séjour en France.

    Le récit nous plonge donc dans l’histoire d’Issa, devenu amnésique et presque défiguré à la suite d’une violente agression. Epaulé par Arun, un Indien tamoul, et Ali, un Syrien, il noue une solidarité de camp. Parti pour Paris, Issa affronte le parcours du combattant administratif et la précarité des petits boulots de clandestin pour tenter d’obtenir des papiers. La quête s’achève sur la révélation choc de son passé, qui éclaire d’un jour nouveau les véritables circonstances de son voyage et de son agression.

    L’exil sans génie

    Sur le papier, l’ambition est louable : humaniser la question migratoire en lui donnant un visage et une histoire, loin des trop froides statistiques. Comme à son habitude, la mécanique théâtrale de Michalik tourne à plein régime. Multiples changements de décor, enchainement fluide des tableaux et rythme trépidant ne laissent aucun temps mort. Tout au long de la pièce, la troupe déploie une énergie et une sincérité remarquables pour passer d’un rôle à l’autre malgré quelques transitions parfois confuses. 

    Malheureusement, le problème vient surtout du texte en lui-même. Les trente premières minutes sont particulièrement convenues et peinent à dépasser une succession d’évidences « de bonne conscience » et de clichés. Le regard porté sur l’exil se veut empathique et humain, mais reste très manichéen, naïf et idéaliste. 

    Certains choix accentuent cette impression. Les accents forcés des comédiens, franchement dérangeants, ou les nombreux cris censés traduire la peur et la colère sont notamment à souligner. A cela s’ajoute un humour assez prévisible, tandis que les références à Shakespeare semblent parfois plaquées et le message derrière ces deux destins qui s’entrechoquent demeure assez flou. 

    Visuellement, plusieurs projections complètent l’ensemble scénographique sans toutefois faire preuve d’une grande inventivité. Les costumes sont eux aussi assez peu recherchés et la musique reste largement discrète. Seule la musique de la fin apporte véritablement quelque chose à l’expérience.

    Quand le récit se réveille 

    Reste un twist final suffisamment percutant pour rattraper en partie un scénario jusque-là assez simpliste. A la fin, la pièce conserve surtout le mérite d’être très accessible au grand public (particulièrement aux jeunes et aux scolaires) en remettant un sujet politique brûlant au cœur des débats. Mais en comparaison de chefs-d’œuvre d’inventivité comme Edmond ou Le Porteur d’histoires, cette fable sociale laisse surtout une impression d’inachevé, comme si l’ambition romanesque était restée prisonnière d’un propos trop évident.

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    De et mise en scène Alexis MichalikAvec Blaise Afonso, Charlotte Brihier, Marwane El Boubsi, Tamara Kalvanda, Nabil Missoumi, Edson Pedro, Guy TheunissenDu 16 septembre au 31 octobre 2026Au Théâtre Le Public Après un succès parisien en 2024, la dernière création d’Alexis Michalik débarque sur les planches...Passeport : une fable trop sage sur l’exil