Titre : Paris en vrac
Auteur.ice : Michel Tremblay
Edition : Actes Sud
Date de parution : 3 juin 2026
Genre du livre : Récits, autobiographie
Prolifique auteur québécois, Michel Tremblay nous ouvre la malle de ses souvenirs dans la capitale française. Si un livre sur la ville lumière peut faire craindre un exercice classico-classique un peu guindé, tant cette ville a été (d)écrite et (dé)peinte par les artistes de tout bord, le résultat est agréable : par son format – un mélange pêle-mêle d’anecdotes d’une à trois pages maximum – et par son ton – la légèreté et le goût pour le drolatique de l’auteur sont bien présents.
Avec Paris en vrac, Michel Tremblay prouve encore une fois qu’il a le chic de raconter des moments de vie, comme dans Conversations avec un enfant curieux et Bonbons assortis. Ici, ce ne sont plus des souvenirs d’enfance à Montréal, mais des visites à Paris à l’âge adulte. On y perd dès lors en filouterie et en langue québécoise, même si celle-ci reste bien présente. L’auteur conserve aussi son talent de conteur avec ce qu’il faut d’auto-dérision.
Carnet de voyage impressionniste, composé de courts récits sans ordre précis, Paris en vrac est surtout plein de tendresses. Si initialement Paris est pour l’écrivain un lieu mythique – lors de son premier voyage, il tient ainsi à parcourir l’itinéraire de la noce de Gervaise, l’héroïne de Zola –, la ville devient par la force des années et de l’habitude un endroit connu et aimé. Car le Paris de Tremblay, ce sont des événements cocasses, l’amour de la culture et du théâtre en particulier, le goût des bons restaurants et surtout, le décor de beaux moments d’amitié. Il en résulte la citation de nombreuses œuvres artistiques et de personnalités (françaises et québécoises) qui seront sans doute inconnues pour de nombreux lecteurs, soit que ces derniers ne connaissent pas le monde culturel québécois… ou le monde culturel des décennies précédentes. Cela n’empêche pas de profiter de l’ouvrage, mais cela peu donner l’impression de passer un peu à côté.
Paris en vrac est un sympathique petit livre, bien écrit, qui se lit vite. Pour vraiment l’apprécier il est néanmoins recommandé d’aimer (un peu) Paris et sans doute d’être au moins un peu familier de l’œuvre de Michel Tremblay. Sans cela, cette compilation de souvenirs risque de paraître sans grand intérêt.
