Pari, histoire d’une renaissance

Pari
de Siamak Etemadi
Documentaire
Présenté dans le cadre du festival Cinemamed

Présenté en première mondiale le 25 février 2020 dans le cadre de la section Panorama de la Berlinale et proposé aux spectateurs dans le cadre de la 20ème édition du festival Cinemamed, festival du cinéma méditerranéen de Bruxelles qui se tenait cette année en ligne, Pari, du réalisateur iranien Siamak Etemadi est un film sur le courage et le dépassement de soi.

Pari et son vieux mari, Farrokh, tous deux iraniens musulmans, voyagent pour la première fois à l’étranger. Ils arrivent à l’aéroport d’Athènes et sont surpris de constater que leur fils, Babak, qui étudie en Grèce, n’est pas là pour les accueillir. Et là débute le voyage plein de contrastes de Pari, qui, guidée par un vieux poème persan évoquant le mythe du phénix, va parcourir les quartiers sombres d’Athènes, sur les traces de son fils. Ce faisant, elle entame également un voyage à la découverte de ses propres peurs, de l’image qu’elle a d’elle-même mais aussi celle qu’elle projette sur le monde.

Une odyssée

Le spectateur suit donc ce voyage initiatique qui joue autant sur les contrastes visuels et culturels que sur nos propres préjugés. Visuellement, Siamak Etemadi nous transporte dans une ville très éloignée de l’image de carte postale que l’on se fait d’elle, en proie aux émeutes et à la désobéissance civile. Une cité en proie au chaos qui n’est qu’une métaphore pour souligner le désordre intérieur des protagonistes.

Comment ne pas être d’ailleurs troublé lorsque l’on se trouve dans un pays où tout est différent, de la langue aux mœurs, de la religion à la manière d’être et de paraître ? C’est de ces contrastes et de nos préjugés que se nourrit le réalisateur pour bâtir la trame de l’odyssée de Pari, elle qui, à chaque obstacle placé devant elle, va devoir se révéler plus forte et aller à l’encontre de ses principes pour retrouver son fils.

Pari est un film qui secoue le spectateur. Basé sur des mythes éternels, il nous parle habilement de la possibilité de renaître et de se retrouver, malgré les apparences et le poids des interdits. Une belle découverte.

A propos Vincent Penninckx 244 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine