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    On l’appelait Robin des Bois, dernière flèche avant l’éternité

    Trente-cinq ans après Kevin Costner et seize ans après Russell Crowe, c’est désormais au tour de Hugh Jackman d’incarner le célèbre Robin des Bois au cinéma, dans une version revisitée par les studios A24.

    Tandis que cette nouvelle production vient de terminer sa course outre-Atlantique, avec un bénéfice de seulement 7 millions de dollars pour un budget estimé à 20 millions, voilà qu’il sort aujourd’hui sur les écrans belges. L’occasion pour nous d’analyser cet (injuste) échec commercial de plus près !

    Alors qu’il est grièvement blessé suite à une terrible bataille, Robin des Bois (Hugh Jackman) est transporté sur l’île de Saint-Clément et laissé dans un prieuré aux soins de la mystérieuse Sœur Brigid (Jodie Comer). Affaibli et contraint de rester sur l’île, Robin sera peu à peu confronté à ses démons.

    Robin le sanguinaire…

    D’entrée, On l’appelait Robin des Bois prendra le parti de détruire la figure du héros pour faire du Prince des Voleurs un meurtrier immoral et sanguinaire. Après avoir tué James Bond, transformé Luke Skywalker en objet de décoration dans sa propre licence et fait d’Indiana Jones un vieillard dépressif, voici que la moulinette de l’iconoclasme s’attaque désormais à la figure de Robin des Bois…

    Dans son approche, le film basera son intrigue sur un récit fragmentaire du XVIIe siècle, lui-même réinterprété au XVIIIe siècle et ayant inspiré, en 1917, le célèbre tableau de Newel Convers Wyeth, The Passing of Robin Hood. Récit dans lequel, malgré la tradition fragmentaire, Robin de Loxley reste présenté comme une figure noble au service de la communauté, et non comme un maniaque inhumain.

    Ainsi, la transformation de Robin des Bois en un brigand sanguinaire est probablement le point le plus étrange de ce nouveau film (pouvant partiellement expliquer son échec commercial). Mais la chose a probablement une signification, si l’on se réfère aux précédentes œuvres du réalisateur Michael Sarnoski qui a déjà livré Sans un bruit : Jour 1, et surtout l’extraordinaire Pig.

    La mort, la mort, toujours recommencée…

    En effet, Robin des Bois apparaîtra ici comme coincé dans une sorte de purgatoire : conscient de ses crimes au point de se contraindre à l’isolement, sans pour autant les regretter ou connaître la délivrance que lui apporterait le trépas. Le personnage semblera alors mort dès le début, tout en continuant à vivre, transformant ainsi le métrage en une pénible agonie. Ce faisant, on comprendra la lenteur parfois reprochée à l’ensemble du film.

    Derrière cela, On l’appelait Robin des Bois soulèvera également la question du cycle de la violence : une mort entraînant une vengeance qui entraînera elle aussi, inexorablement, une autre mort ; jusqu’à ce que quelqu’un se décide à mettre un terme à tout cela. Ainsi, lorsque Sœur Brigid, racontera à Robin l’histoire de Saul de Tarse, elle encouragera son mystérieux patient à entrevoir à son tour une métamorphose et à mettre un terme à ce cycle.

    Paradoxalement à toute la dureté montrée au spectateur, Michael Sarnoski intègrera à son film quantité d’images somptueuses, rappelant les tableaux du romantique Caspar David Friedrich tout en puisant dans l’imagerie du réalisateur suédois Ingmar Bergman – notamment les films Le Septième Sceau et La Source qui sont copieusement référencés.

    Intelligemment, Sarnorski jouera également sur le format d’image, entamant son film en format 16:9 – comme pour expliquer l’étroitesse d’esprit du principal protagoniste –, avant de passer au 4:3 après l’arrivée de ce dernier au prieuré de Saint-Clément –exprimant ainsi l’épiphanie progressive qui s’en suivra.

    En somme, malgré son explicable lenteur, On l’appelait Robin des Bois jouit d’une somptueuse photographie, de riches références culturelles et d’excellentes prestations d’acteurs. Si l’on peut regretter le fait qu’il illustre à son tour son époque d’illusions perdues, détruisant ses héros et reniant par là-même ses repères, ses sources d’espoir et sa propension à rêver, on appréciera tout de même sa capacité à raconter une histoire riche, et la métamorphose d’un homme en quête de délivrance, perdu entre ce qu’il est et ce que le monde aurait voulu qu’il soit.

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    On l’appelait Robin des BoisRéalisateur : Michael SarnoskiGenres : Action, Aventure, ThrillerActeurs et actrices : Hugh Jackman, Jodie Comer, Bill SkarsgårdNationalité : USADate de sortie : 26 août 2026 Trente-cinq ans après Kevin Costner et seize ans après Russell Crowe, c’est désormais au tour de...On l’appelait Robin des Bois, dernière flèche avant l’éternité