« Noël des Cathédrales » : interview avec Luc Petit, metteur en scène

Deux spectacles sont programmés en parallèle : « Le Voyage des Mages » et « Les Sonneurs de Noël ». Comment se fait-il que les deux spectacles ne soient pas donnés aux mêmes endroits partout ?

Voilà trois ans qu’on fonctionne comme ça. En fait, on fait un spectacle qui est la création et on reprend l’ancien spectacle dans des villes où on n’a pas encore été. Il y a donc sur la période du mois de décembre/début janvier un spectacle original et un autre qui a déjà eu lieu et qu’on reprend dans d’autres villes.

Le thème de cette année est donc « Le Voyage des Mages ». En 2015, le spectacle était aussi consacré aux Rois Mages. Est-ce que cette année c’est différent : y-a-t-il une thématique et une scénographie nouvelles ?

C’est totalement différent. Évidemment, l’histoire de Noël est toujours la même ; on ne peut pas réinventer l’histoire de Noël depuis qu’elle existe, mais chaque fois on réadapte. Ici, c’est tout à fait différent : il y a trois ans on avait un chameau, de grandes marionnettes et ici, on est tout à fait dans un autre type d’univers, ce n’est pas tout à fait la même chose. Mais évidemment, ce sont des thèmes de Noël, on a repris les Mages mais avec un tout nouveau texte, avec une autre façon de faire… Ça n’a rien à voir avec le spectacle qui a été fait il y a trois ou quatre ans.

En quoi se démarque-t-il ? Est-ce que vous allez tenter d’en faire plus ?

Chaque année, on essaie de trouver quelque chose. Par exemple, ici on a un Mage qui va marcher au plafond, la tête en bas. On a vraiment de nouvelles performances chaque année. C’est dans la construction du spectacle d’avoir évidemment quelque chose qui amène une nouveauté.

Est-ce qu’il n’y a pas une tendance là-dedans à chercher à se surpasser chaque année ? Toujours en faire plus, chercher à impressionner, au risque évidemment de trouver sa propre limite ?

La question n’est pas d’impressionner le spectateur : les spectateurs veulent être impressionnés. C’est le principe du spectacle, les gens sont de plus en plus exigeants. On s’est améliorés… Je me rappelle quand j’ai commencé, on avait un acteur avec quatre bougies et un ballon qui se baladait dans l’église. C’est sûr que les gens, avec ce qu’ils voient partout, sur internet notamment – mais ça c’est une tendance mondiale –, veulent du jamais vu. Mais peu importe, je crois qu’il y a une magie qui s’opère, c’est l’humain et des fois des petites choses qui sont constitutives de la qualité du spectacle : il faut étonner. Mais en même temps, je crois que jouent le rapport avec l’acteur, la proximité et le lieu, qui est lui aussi magique ! C’est tout de même assez exceptionnel de pouvoir monter ce type de spectacle dans ce genre de lieux, ça n’existe qu’en Belgique ! On a une chance en Belgique de pouvoir avoir cela et notamment à Liège qui nous a laissé faire car la première fois, quand je leur ai dit qu’on allait mettre des chevauxet des chameaux, c’était loin d’être évident. Aujourd’hui, cela paraît normal mais ça ne l’était pas il y a quinze ans.

Réinventer le spectacle en termes scénographiques, d’église en église et de collégiale en cathédrale, est-ce difficile ?

Quand on passe d’une cathédrale à une autre ça va, mais quand on va dans des églises comme celles qui se trouvent à Marche ou à Bastogne qui sont plus petites, c’est plus compliqué parce qu’on doit tout réduire. Sinon, l’architecture des cathédrales est en général la même, mais on doit tout de même réadapter. Quel que soit le lieu, on doit chaque fois réadapter la lumière, etc. Il y a des endroits où l’on trouve des colonnes, des endroits où il n’y a pas de colonnes et plein de choses qui varient. C’est quelque chose qui n’existe nulle part ailleurs, puisque normalement on joue dans des salles.

Vous disiez qu’il est difficile de se renouveler chaque année, mais est-ce que ça implique une remise en question de votre méthode de travail, de création ?

Ce n’est pas que c’est difficile mais à chaque fois, on s’étonne nous-mêmes, on réussit à faire autre chose. Mon métier de créateur, c’est de pouvoir proposer autre chose et de se mettre au défi. Bien sûr, ce serait plus facile de refaire le même spectacle et de tourner un peu partout dans le monde. Mais ce qui nous amuse, c’est de faire une création, c’est de se « challenger ». Puis, il y a aussi une amélioration, on a vraiment dû se professionnaliser : j’ai une société qui est Luc Petit Créations qui fait des spectacles privés et, à un moment donné, nous avons créé l’asbl Nocturnales pour développer le patrimoine, pour le mettre en valeur, avec un risque financier évidemment. Ou on le faisait en amateurs – ce que nous faisions au début – ou on se professionnalisait vraiment. Actuellement, on accueille 20 000 personnes, avec trois séances par jour dans lesquelles il faut gérer l’entrée et la sortie du public, … Il y a toute une organisation qui s’est mise autour de ça, c’est soixante personnes qui travaillent autour de ce projet.

D’où la volonté de se réinventer chaque année…

Oui, il y a se réinventer sur la création mais aussi se réinventer pour améliorer chaque fois l’accueil, la façon dont les gens vont voir le spectacle, essayer d’être de plus en plus en hauteur. Mais seulement dans certaines cathédrales. Car, si je passe à Bastogne, je ne peux plus faire de la hauteur. Prenons le chameau mécanique qu’on avait amené dans la cathédrale de Liège en 2015, ça a été l’enfer de le faire entrer – et encore, il aura fallu le démonter pour y parvenir. Mais on veille chaque fois à améliorer la structure.

Il n’y a donc pas de stagnation artistique ?

Je suis mon propre juge puisque ce n’est pas une commande. Je me mets au défi et j’essaie d’étonner les gens. Mais il y a quand même quelque chose qui se passe dans une cathédrale, les enfants ne bougent pas, ils sont vraiment surpris et les adultes aussi. Ne fut-ce que par les lieux : à peine entré, avec la musique et la lumière, on est déjà dans quelque chose qui fonctionne. {…} Dans un hangar ou dans un hall, il faut tout aménager pour y présenter un spectacle. Ici, le  lieu est déjà magique. Après, comme il y a du public qui revient, qui voit nos spectacles, chaque année les gens s’attendent à quelque chose de nouveau.

Vous disiez que c’est un spectacle qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Est-ce que depuis le temps que vous le réinventez chaque année il y a un projet qui vise à l’exporter hors de Belgique ?

Le problème, c’est le coût. Ces spectacles sont très chers à produire. Nous, on joue déjà plus de nonante fois sur un mois, donc il faut voir. Là, on est en train de discuter sur un projet en France. Mais il faut les accord des églises. Ici, Michel Teheux avait son réseau et on s’est fait une réputation mais il faut aussi pouvoir y arriver. Donc on y réfléchit… Mais il ne faut pas non plus que cela tue ce qu’on fait actuellement, il faut pouvoir avoir les ressources humaines pour faire tout cela.

Dans tous les lieux dans lesquels vous avez joué, est-ce qu’il y a un lieu que vous préférez ? C’est une peu une question piège puisque vous vous adressez à un Liégeois !

Ce n’est pas une question piège. De toutes les cathédrales, je trouve que Liège est la plus belle. Elle a les meilleures dimensions au niveau architectural. Elle est à la fois dans des dimensions humaines mais assez grande pour donner cette impression ; par exemple, Mons et Tournai sont plus froides comme architecture et comme dimensions, et physiquement aussi elles sont très froides en général, parce que le chœur gothique renvoie de l’air dans la partie romane, donc il fait plus froid qu’à Liège. Mais je trouve que Liège est vraiment très belle au niveau du sol qui est noir et blanc, il y a un décorum qui est assez intéressant. Le cloître aussi est très chouette, ce qui n’est pas le cas des autres [ndlr : la collégiale Sainte-Waudru de Mons et la cathédrale Notre-Dame de Tournai ne possèdent pas de cloître]… C’est le seul endroit où il y a un cloître qui permet d’accéder et qui met déjà dans l’ambiance ! Je dis toujours que ça fait très Harry Potter…


LE VOYAGE DES MAGES

Le vent souffle et d’immenses dunes de sable se profilent au loin.
La chaleur est insoutenable et pourtant, une force inexplicable vous fait tenir debout.
Des ombres approchent et se dessinent.
Ils sont trois.
Trois Rois Mages à la recherche de l’étoile du berger !

Entreprenez un voyage extraordinaire et aidez-les à trouver la lumière à travers monts et mirages, si loin que ce périple risque de vous faire tourner la tête avec une performance renversante unique au monde !

Une nouvelle fois, le magicien de la scène Luc PETIT, vous emmène dans son rêve et, le temps d’un spectacle, vous plongera dans son univers féerique dans les plus belles Cathédrales de Bruxelles et de Wallonie.

Montez sur votre chameau, accrochez bien vos enfants et soyez prêts à rencontrer l’inattendu.

De la danse, du cirque, de la magie, de la musique enchanteresse et des paillettes pleins les yeux sont au programme.

Namur – Cathédrale St-Aubain
du 13 au 16 décembre 2018

Bastogne – Église St-Pierre
du 20 au 23 décembre 2018

Liège – Cathédrale St-Paul
du 26 au 30 décembre 2018 et du 1er au 2 janvier 2019

Mons- Collégiale Ste-Waudru
du 4 au 6 janvier 2019

LES SONNEURS DE NOEL

Le silence vient de gagner les Cathédrales. La Grande Cloche ne sonne plus.
Quel drame pour le Sonneur dont la mission est d’annoncer l’arrivée de Noël. Il lui faut absolument trouver une solution au plus vite pour sauver Noël !
Vous partirez, accompagnés du Sonneur, à la rencontre de personnages atypiques et mystérieux qui vous plongeront dans une aventure rocambolesque à la recherche du son de la Cloche de Noël.

Entre les boîtes à musique, les automates et les carillons, Luc PETIT et Michel TEHEUX vous emmènent dans une spirale audiovisuelle féerique pleine de poésie.

De la magie, des illusions, de l’humour, de la danse, le tout mis en scène avec brio pour régaler vos yeux et vos oreilles. Une odyssée remplie d’espoir qui vous replongera dans l’innocence de l’enfance, guidés par les cliquetis gracieux des percussions célestes de Noël.

Tournai – Cathédrale Notre-Dame
Du 14 au 19 décembre 2018

Marche-en-Famenne – Église St-Remacle
Du 26 au 29 décembre 2018

Bruxelles – Église St-Jacques sur Coudenberg
Du 2 au 5 janvier 2019

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Mise en scène : Luc PETIT
Texte : Michel TEHEUX
Production : Anne ROELANDT
Organisation : Nocturnales asbl

Tarifs : entre 9€ et 35€
En dessous de 2 ans, les entrées sont gratuites.
À partir de 20 personnes, 10% de réduction sur les places de catégories 2

Informations et tickets : http://noeldescathedrales.be/tickets/
info@nocturnales.be
+32 2 616 45 29

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 143 Articles
Journaliste du Suricate Magazine