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    Névroses banales, quand le quotidien fait trembler les corps

    C’est l’histoire d’une solide amitié qui sublime les petits tracas du quotidien. Chorégraphie après chorégraphie, la normalité s’étiole à coups de gymnastique émotionnelle et crises existentielles. Déjanté, clownesque et intime, Névroses banales se situe entre le spectacle d’humour et la conversation profonde. 

    Vous vous êtes déjà demandé ce que ça ferait d’écouter la petite voix dans notre tête ? Betty Mansion et ses amis l’ont fait pour nous. Si l’ouverture du spectacle est somme toute assez peu original (un premier comédien s’amuse et s’étonne de la présence du public), les rires retentissent aussitôt dans la salle. En effet, l’humour, ici véhiculé par des visages aux expressions exacerbées, semble la carte sûre pour mener à bien le thème de l’absurde. Nous ne sommes pas étonné de retrouver Névroses banales au programme du Théâtre de la Vie, qui aime mettre en avant le brouillard des frontières tel que l’amènent le surréalisme ou l’absurde. 

    Le travail des corps, la recherche des mouvements et la mise en transe dans ce ballet déjanté relève d’un questionnement chorégraphique mêlant danse et pratique clownesque. Une sorte de parodie du quotidien aux allures surréalistes donc. Alors que l’intention, elle, vient bien plus puiser dans les petites folies de chacun : de l’amour aux désirs de grandeur, mais aussi du monde en lui-même. C’est sans doute cette expression singulière des corps qui a séduit Médhi, co-producteur de la pièce. Betty Mansion, porteuse de projet, metteuse en scène et interprète, explique cela par une recherche tournée vers les formes les plus délaissées. Mêlés à l’autodérision, le choix des mouvements les moins harmonieux se révèle intéressant, créant au passage une vraie originalité. 

    Outre la maitrise indéniable de la danse et du chant par les interprètes, le pari de raconter des choses banales et d’en faire un spectacle est réussi. On comprend alors toute l’importance du travail collectif entre chorégraphe et metteur en scène sur ce projet. Par ailleurs, on ressent une très belle cohésion d’équipe et l’amitié entre les personnages, une relation décrite autant professionnelle que personnelle sur la feuille de salle. Les corps parlent ensemble et séparément. Quand un comédien se lance dans un monologue de mouvements ou de tics, les autres l’écoutent et nous aussi : c’est presque une identification qui s’opère. 

    Cependant, la tentative de faire participer directement le public, tel un nouveau membre du groupe, ne semble pas fonctionner. Il y a là une idée simple et joviale mais sans doute trop d’ambitieuse encore à ce stade. De par son rythme et ses expressions, le spectacle est contagieux. Mais, s’il est agréable, il reste un potentiel de progression et de « contamination »  encore à exploiter ! On souhaite à l’équipe de Névroses banales de découvrir son plein potentiel au fur et à mesure des représentations, pour qu’un jour, peut-être, tous les gradins se lèvent, la folie devenant enfin collective.

    Vous n’avez sans doute jamais vu des corps bouger comme ça, peut-être qu’après Névroses banales, ce sera le vôtre qui partira dans tous les sens, et c’est tout ce qu’on vous souhaite !

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