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    Mon sous-marin jaune : Paul McCartney, Dieu et moi

    La maman d’un petit garçon décède alors qu’il n’a que 7 ans. Il apprendra la nouvelle de la bouche de son père, alors qu’il tient les mains sur son volant, dans leur petite voiture familiale. Le petit garçon devenu homme (et écrivain) ne se rappelle pas d’embrassades, de câlins, de pleurs partagés. Il ne s’en rappelle pas parce qu’il n’y en a pas eu. Par contre, très vite, une belle-mère mutique fit son apparition. C’est cette histoire, dont il est mis en quatrième de couverture qu’elle est la plus autobiographique de Jón Kalman Stefánsson, qui sous-tend ces mémoires d’un écrivain installé.

    Le quatrième de couverture fait aussi mention d’un « sous-marin jaune » et de Paul McCartney. C’est à la fois un leurre et un autre fil conducteur de ce livre. Un leurre, parce que des Beatles, ou de Paul précisément, et de cette chanson célèbre, il n’en sera pas vraiment question. Ils ne serviront que d’appât pour rameuter les fans du chanteur. Si celui-ci fait son apparition, c’est de manière fantomatique et sporadique, représentation semi-réelle d’une imagination débordante qui relie pourtant le fils à son père.

    Parce que le garçon en question, celui qui a perdu sa maman (et aussi un peu son papa), est devenu écrivain. Pour se raconter, raconter sa jeunesse, le temps perdu, cet homme verse à la fois dans la nostalgie totale et dans l’imaginaire le plus fou. Mon sous-marin jaune est donc le récit d’un homme de 60 ans qui n’arrête pas de se dire que la mort est bientôt là, que sa vie est derrière lui. Pour contrer ce mouvement vers la mort, un récit complètement allumé, prenant la forme d’un rêve, est narré, jouant avec des motifs récurrents.

    Les 80 premières pages s’intéressent à comment le petit garçon se réfugie dans la Bible pour trouver du sens après la mort de sa mère. Jón Kalman Stefánsson répète alors inlassablement les mêmes histoires, celles qu’on a pu lire au catéchisme, avec les mots et les pensées encore vertes d’un jeune enfant. Une fois qu’il en a fini avec le catéchisme, Dieu continuera d’accompagner tout le récit, et en particulier ce père mutique, alcoolique et incapable d’exprimer ses sentiments. Ils voyageront dans leur petite voiture en direction de Paul McCartney ou buvant des coups avec d’autres personnages importants de la musique rock.

    L’écriture de Jón Kalman Stefánsson part dans tous les sens, mais se restreint à un cadre bien précis. On saisit les intentions derrière ce long roman de presque 500 pages : montrer le deuil d’un enfant de 7 ans qui fut abandonné par un père incapable de gérer la mort de sa femme. Sauf que Mon sous-marin jaune est au final lui aussi assez avare en émotions. Stefánsson se retrouve à écrire un roman assez froid et triste, porté par une candeur enfantine.

    C’est surtout le retour constant au même qui finit par lasser. On a l’impression que si le livre était 250 pages plus court, il aurait dit ce qu’il avait à dire. Si une surprise (et pas des plus amusantes) attend notre héros et nous cueille vers la fin, où une révélation est faite sur un ami qui lui est proche, Mon sous-marin jaune ronronne souvent, comme le moteur d’une vieille voiture qui coince alors que Paul McCartney nous attend depuis une demi-heure sur un banc d’un parc public.

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    Titre : Mon sous-marin jauneAuteur : Jón Kalman StefánssonÉditeur : FolioDate de parution : 12 mars 2026Genre : Roman autobiographique La maman d’un petit garçon décède alors qu’il n’a que 7 ans. Il apprendra la nouvelle de la bouche de son père, alors qu’il tient les mains sur son volant,...Mon sous-marin jaune : Paul McCartney, Dieu et moi