Mom’s Night Out de Jon et Andrew Erwin

moms night out

Mom’s Night Out

de Jon et Andrew Erwin

Comédie

Avec Sarah Drew, Sean Astin, Patricia Heaton, Trace Adkins, David Hunt

Sorti en DVD le 10 septembre 2014

Maman a des tocs, trois mômes qui font des taches, un mari qui voyage beaucoup et elle se trouve trop nulle pour écrire un blog. Bref, maman a besoin d’un break. Si la comédie américaine nous a déjà régalé de merveilles dans la veine de 40 ans, toujours puceau, Lolita malgré moi et consorts, vous ne trouverez pas ici de quoi satisfaire vos papilles de connaisseurs du genre, tout au plus de quoi se caler bien au chaud dans un canapé lors d’un dimanche pluvieux. Et encore…

Allyson vit le drame de beaucoup de « desperate housewives » d’aujourd’hui : elle fait face à la complexité sans bornes d’un job à plein temps – s’occuper de sa marmaille – tout en gérant une mysophobie aigüe qui l’empêche de laisser vivre sa progéniture. Au bord de la crise de nerfs, elle organise une virée entre copines et elle confie, à grand peine, ses enfants à son mari et un ami ado attardé. Mais lorsque leur réservation au restaurant est annulée, la soirée prend un tout autre tournant.

Le principal problème du film est à situer dans le scénario qui se contente d’aligner les clichés sans aucune originalité. On assistera donc à des scènes déjà vues dans d’autres films du même genre se suivre pour créer une histoire prévisible, sans queue ni tête où les personnages d’une platitude désespérante enchaînent des gags qui tombent à plat. Le résultat est une comédie produit-blanc sans saveur pour qui a déjà exploré le monde de la comédie familiale américaine.

De nombreux éléments de scénario sont inutiles et ne servent qu’à meubler une aventure peu trépidante où les situations s’enchaînent sans vraiment créer une homogénéité convaincante. Les personnages ont du mal à exister tant ils sont défavorisés à l’écriture. La belle Sarah Drew (Grey’s Anatomy) se donne un mal fou à tenter de faire exister ce personnage d’Allyson mais face au manque de substance et de profondeur de l’écriture, elle ne peut pas chose et toute sa belle énergie explose dans toutes les directions pour ne mener nulle part et finit par agacer quelque peu.

Pour terminer, le scénario finit par verser dans la bondieuserie sous-jacente avec un message au prêchi-prêcha assez maladroitement dissimulé, bourré de valeurs bien-pensantes et faussement transgressif. Les méchants motards ne sont pas méchants quand on apprend à les connaître, les parents irresponsables sont trop facilement pardonnés, les filles rebelles sont en fait des vraies petites filles modèles, etc. Au final rien de rugueux dans Moms’ Night Out, juste une hypocrite « nuit de folie » d’une société politiquement correcte où les femmes – ces choses pondeuses – restent à la maison pour élever leurs enfants et s’occupent bien gentiment en écrivant des blogs.

Moms’ Night Out fait figure d’un produit de consommation courante et plaira sûrement aux adolescentes en quête de divertissement facile mais agacera fortement les un-tant-soit-peu féministes ou cinéphiles d’entre nous. Tout est lisse, rien ne dépasse et tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Un petit pop-corn bien (trop) rose et sucré aux relents rétrogrades nauséabonds.

Mathieu Pereira
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Journaliste

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