
Minigatari
Scénario : Daniela Martin Del Campo
Dessin : Daniela Martin Del Campo
Éditeur : Casterman
Date de parution : 26 aout 2026
Genre : Roman graphique
Daniela compte parmi ses passions : la nourriture, les mots et les voyages. Alors, quelle meilleure destination pour cette Mexicaine trentenaire que le Japon, dont la richesse du langage n’a d’égale que sa gastronomie ?
Pour être honnête, Daniela voue déjà un véritable culte au pays du Soleil-Levant. À tel point que, adolescente, elle s’était mis au défi d’apprendre la langue. Mais jusqu’à présent, elle n’avait eu la chance de pratiquer son japonais qu’une seule fois : pendant un échange effectué à la fin du lycée. Malgré ses angoisses et sa peur de l’inconnu, Daniela décide de sauter le pas à nouveau. Minigatari, qu’on pourrait traduire par « petit conte » fait le récit du deuxième voyage que cette illustratrice entreprend à la découverte de son pays de cœur. Mais leurs retrouvailles pourraient bien ne pas être de tout repos.
Dans une esthétique pop, plus proche d’Astro boy que de L’Attaque des Titans, Daniela nous raconte la culture du Japon. Mais pour nous, Européens, c’est aussi l’Amérique latine qu’on retrouve dans ses aplats colorés, ses références et ses drôles de personnages qui hantent le récit. La curiosité de Daniela nous contamine. Et pour nous, elle est même double, car ce sont deux cultures différentes qui se dévoilent à nous.
Daniela Martin Del Campo s’intéresse aux détails qui font la culture. Et en l’occurrence, à ces idéogrammes que nous, touristes, ne prenons pas le temps d’apprendre à déchiffrer. Mais plus que la traduction des mots, Daniela nous apprend comment un système langagier devient le reflet d’une culture. Chaque nom possède, pour les Japonais, sa propre histoire. On apprend donc que Mika peut s’épeler de manière différente selon qu’il signifie « beauté » et « fleur » ou encore « nuage » et « parfum ».
L’autre passion de l’illustratrice en vadrouille, c’est la nourriture. Le désintérêt qu’éprouvent certaines personnes pour les plaisirs du palais lui apparaît, de son propre aveu, comme un signe de psychopathie. En fait, Daniela est capable de manger des quantités gargantuesques, et ce, d’autant plus quand il s’agit de découvrir un maximum de saveurs. Elle nous fait donc cadeau, en plus des cours de langues, de certaines recettes japonaises faciles.
Minigatari n’est pas juste un guide pratique aux couleurs vives et au dessin enthousiaste. Il aborde aussi des sujets plus profonds. Prenant la forme d’un petit dragon – comme une version simplifiée de Mushu – les angoisses de Daniela l’accompagnent partout où elle va. Ce qui pourrait ressembler à un diable charmant exerce en fait sur la jeune fille une influence destructrice. Ses choix lui sont trop souvent dictés par la panique, l’empêchant de profiter pleinement des heureux hasards – ou goen – que lui réserve son voyage.
