Merlin, une intégrale jouissive et irrévérencieuse

Scénario : Joann Sfar et Jean-David Morvan
Dessin : Jose Luis Munuera
Éditions : Dargaud
Sortie : 06 juillet 2018
Genre : Aventure, humour, action

Dans le courant du mois de juillet est parue aux éditions Dargaud la première intégrale (reprenant les 5 premiers volumes) de la série Merlin scénarisée par Joann Sfar et Jean-David Morvan et dessinée par Jose Luis Munuera. Débutée en 1999, la série qui redécouvre de manière ludique et fantasmée les grands classiques de la littérature du moyen âge en est aujourd’hui à son sixième tome.

Qui n’a pas lu à l’école des extraits du Roman de Renart ou de Tristan & Yseult, qui n’a pas entendu au cours d’histoire des récits de la bataille de Hastings ou de Guillaume le conquérant ? Chacun de nous garde dans un recoin de sa mémoire un souvenir plus ou moins vague de ces événements. Que se passerait-il si on reprenait cette base et que l’on y ajoutait un héros de légende, Merlin l’enchanteur, ou plus précisément un enfant qui selon la littérature et l’imaginaire collectif deviendrait un célèbre magicien ? C’est l’excellent point de départ pris par les scénaristes dans cette série.

Au cours des albums déjà parus, on suit donc les aventures de Merlin, rapidement rejoint par ses deux amis, Jambon (un magicien victime d’une malédiction et transformé en cochon) et Tartine (un ogre qui ne mange plus les enfants), qui, au fil de leurs rencontres, se frotteront à différents personnages historiques ou de légende. La force scénaristique du récit se trouve dans ses différents niveaux de lecture. Les cases de cette intégrale sont parsemées de gags au premier degré qui pourront faire rire le plus grand nombre. Mais ce serait dommage de n’y voir que de l’humour potache, car à la manière des meilleures productions des studios Pixar, les scénaristes font preuve de second degré et d’humour très « british », faits de calembours, d’allusions plus ou moins subtiles aux comportements ignobles ou déplacés de certains, ou encore au caractère abscons et illogique de certaines croyances.

Lire cette intégrale de Merlin, c’est donc avoir le plaisir de rire durant quelques centaines de pages et d’apprécier le caractère jouissif et irrévérencieux du scénario. Peu importe l’angle sous lequel le lecteur l’abordera, il passera un excellent moment.

Vincent Penninckx
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Journaliste du Suricate Magazine