Titre : Mélancolie de l’Europe
Auteur.ice : Stefan Zweig
Edition : J’ai Lu
Date de parution : 16 avril 2025
Genre du livre : Essai
On connait Stefan Zweig pour ses nouvelles et romans, notamment Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, La confusion des sentiments ou encore Le Joueur d’échecs, les nombreuses biographies qu’il a consacré à de grandes figures historiques comme Marie-Antoinette ou Marie Stuart et son roman autobiographique Le monde d’hier. On sait également qu’il fut un européen convaincu et un pacifiste et le recueil paru aux éditions J’ai lu, Mélancolie de l’Europe, retrace justement le cheminement intellectuel de cet humaniste qui, au fil d’une actualité tragique, va se doubler d’un pacifiste de plus en plus en convaincu.
Regroupant 16 textes écrits entre 1909 et 1941 – articles, manifestes, conférences – dont la plupart sont inédits en français ou donnent à lire une nouvelle traduction, ce recueil permet d’illustrer certaines facettes peu connues de son auteur qui, après quelques errements nationalistes, s’est engagé de plus en plus intensément en faveur de la paix, sous l’influence de son ami Romain Rolland.
L’intérêt de cet ouvrage est donc double, d’une part suivre, article après article le basculement intellectuel de l’auteur et d’autre part, philosophiquement, se nourrir d’un auteur qui, même s’il ne prend pas en compte les difficultés politiques liées à la mise en œuvre de ses idées, propose des réflexions intéressantes par rapport à des problématiques qui sont encore d’actualité aujourd’hui. On pourra d’ailleurs trouver frappant ou interpellant lorsqu’il parle d’unir les peuples, de désintoxication des esprits ou d’une historiographie plus positive et constructive afin de construire cette union, que la situation qu’il décrit et les solutions qu’il préconise n’ont pas changé en presque un siècle.
Mélancolie de l’Europe est un ouvrage intéressant pour ceux qui s’intéressent à la vie de Stefan Zweig mais également aux fondements de la construction européenne. Il propose une vision basée non pas sur les intérêts économiques mais bien sur la proximité culturelle. Un argument qui semble être passé au second plan à l’heure actuelle.
