Titre : Medusa
Auteur : Isabelle Sorente
Éditeur : Folio
Date de parution : 13 août 2026
Genre : Roman
L’écrivaine française Isabelle Sorente délivre, au travers de son dernier roman, Medusa, un écrit solide et maîtrisé autour du deuil. Un voyage littéraire sous une structure étrange, parfois déroutante mais toujours addictive.
La mort de Marianne
C’est de cet événement, la disparition de Marianne, que tout commence. Accident ou homicide, les contours de son décès ne sont pas encore très nets, mais la douleur de ses proches est elle bien réelle et ce dès le premier jour.
Ses parents divorcés prennent des décisions qui leur sont dictées par leur deuil autant que par la volonté de faire vivre les souvenirs et de comprendre leur fille. Liam, son frère, se questionne. Et si l’après était déterminé par notre dernière pensée ? Quelle était celle de Marianne ? S’enclenche alors le début d’un voyage sur lequel plane l’ombre de Marianne, les conséquences des destins croisés et de ce qui s’est joué sans que personne ne s’en aperçoive.
Un roman universel et pourtant unique
La première chose qui nous a interpellé dans ce roman est sa structure. En effet, l’autrice passe des pensées d’un personnage à l’autre, troublant parfois le lecteur qui doit se replacer dans le bon esprit avant d’entamer de nouveaux paragraphes du livre. Contradictoirement, c’est aussi ce qui est addictif : vivre cet événement si compliqué qu’est le deuil en étant dans l’œil du cyclone, au cœur des considérations de ces personnages marqués à jamais par le décès de Marianne et les circonstances dans lesquelles il est intervenu.
Chaque lecteur pourra se retrouver dans ce roman qui permet de s’identifier facilement aux ressentis des personnages autant qu’à leurs pensées. C’est là toute la magie de l’universalité du deuil, nous y serons tous confrontés au cours de notre vie peu importe nos origines ou notre milieu social. Il nous ramène à notre vulnérabilité et au fait que nous sommes tous égaux face à la douleur qu’il engendre, même si nous la gérons d’une manière qui nous est propre.
L’écriture d’Isabelle Sorente, agréable et fluide sans jamais tomber dans une simplicité excessive, permet de s’immerger dans cette lecture, avide de toujours en savoir plus et de comprendre le pourquoi, de comprendre le comment. De comprendre Marianne, tout simplement. Et pendant que ses proches tentent de s’adapter à leur nouvelle réalité, des questions se posent, telles que l’origine des actions et des choix de chacun, l’origine des traumas portés par les individus et les conséquences de leur poids sous lequel un esprit ploie, légitimement.
Ce roman trouvera son public dans les lecteurs appréciant les écrits denses et n’ayant pas peur de faire face à ce qui est redouté par tous les êtres humains.
