
Mata
Réalisatrice : Rachel Lang
Genres : Espionnage, Thriller
Acteurs et actrices : Eye Haïdara, Joséphine Japy, Raphaël Personnaz
Nationalité : France
Date de sortie : 27 mai 2026
Oui, le titre est plutôt raide, mais la sensation est réelle. Le film nous fait beaucoup de promesses qu’il a du mal à tenir.
Mata est une agente du service action de la DGSE, envoyée au Niger avec son compagnon Antoine pour une mission clandestine. Elle est blessée au cours d’une embuscade qui coûte la vie à six personnes et qui fait disparaître Antoine. À son retour en France, elle est réaffectée à la sécurité intérieure avec une stagiaire à coacher. Avec ça, elle s’occupe de la fille d’Antoine qui attend le retour de son papa. Dans cette embuscade, un journaliste perd la vie et toute cette histoire semble lourde de secrets d’État et de non-dits politiques. Mata compte bien affronter tous les pays d’Europe s’il le faut pour retrouver Antoine.
Eye Haïdara est la pépite de ce film. Excellente actrice, elle nous sort un jeu plus que crédible, épaulée par une équipe qui donne tout ce qu’elle peut pour donner de la consistance aux scènes. Le film commence très bien avec une mission de sauvetage dans un désert, au milieu d’un conflit ; il y a de fausses identités et une embuscade, bref, un début de film d’espionnage classique. Le démarrage en force est prometteur et on s’attend à être tendu sur nos sièges pendant toute la lecture. Et pourtant…
Malgré une bonne équipe d’acteurs, le scénario peine à nous garder dans ses mailles. La nervosité attendue se dissipe scène après scène. L’envie d’être au plus près de la réalité ? Parce qu’évidemment, on sait que dans la vie réelle, les missions de sauvetage et autres missions d’espionnage sont plus lentes, que ça prend des mois, des années. Mais dans un film, on n’a pas autant de temps. Les longueurs s’accumulent, ici. On discute beaucoup, on bouge moins. On n’a aucun intérêt pour les antagonistes qui sont quasiment des fantômes dans ce film. On entend beaucoup parler d’eux, mais on ne les voit pas vraiment. Quand on les voit, on ne les entend pas. Et les voir, c’est comme remarquer une plante dans le coin de la pièce. En somme, c’est difficile de ressentir quoi que ce soit pour quelqu’un qui ne semble pas réel. Dans tout ça, les protagonistes perdent aussi de leur consistance et notre intérêt s’étiole avec.
Rendre un film au plus près de la réalité est un pari risqué ; l’authenticité ne paye pas toujours, et encore moins dans un film censé nous rendre curieux, nerveux pour la suite. Les complots, les courses-poursuites et les meurtres sont des instants que l’on doit ressentir de manière viscérale. Sans nous donner l’impression d’avoir un blockbuster rempli d’explosions façon Michael Bay, on devrait être dans ce moment où la réalité est brouillée par le calibre de la mission, des méchants ou de l’enjeu. Malheureusement, Mata nous a donné ce qu’elle pouvait et, bien que porteuse d’une histoire intéressante, l’exécution pèche et on se retrouve non pas déçu… mais plutôt en manque.
