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    Manicomio, au delà des cages

    En italien, Manicomio désigne un asile psychiatrique, une « maison de fous ». Mais depuis que l’équipe du Théâtre d’1 jour a choisi ce nom pour sa nouvelle création, le mot évoque aussi une expérience joyeuse et surprenante. Sous chapiteau, portés acrobatiques, danse, chant et musique sont à l’honneur dans ce spectacle circassien, mené tambour battant par cinq artistes extraordinaires qui parviennent à captiver un public qui en ressort plus que conquis. Bouleversant.

    Les artistes

    Commençons par présenter les perles de ce petit bijou. Chloé Chevallier et César Mispelon, tous deux voltigeurs, s’appuient sur Paul Krügener, porteur, tandis que Blandine Coulon, chanteuse lyrique, magnifie l’atmosphère par sa voix dense et chaude, tout en accompagnant sporadiquement les démêlées des acrobates. Ils sont accompagnés par les musiciens Jean-Louis Cortès ou Yohann Dubois, en alternance.

    Le thème

    Marquée par les photos de Raymond Depardon, notamment celles réalisées à San Clemente, près de Venise, dans les derniers instants de cet hôpital psychiatrique, l’équipe décide d’aller à la rencontre de personnes vivant dans des contextes très différents : à Vivalia, un hôpital psychiatrique à Bertrix, dans un Ehpad ou encore dans un centre Fedasil.

    L’idée est simple : rencontrer les gens qui y vivent, réaliser des ateliers avec eux, établir une relation de confiance. Une expérience qui nourrit ensuite le travail des artistes et trouve sur scène une étonnante traduction corporelle.

    Car ce qui frappe avant tout dans Manicomio, c’est cette volonté de liberté qui traverse le spectacle. Les acrobates, parfois coiffés de masques d’oiseaux, s’élancent, s’attrapent, se portent et retombent pour mieux repartir. Une grande cage rappelle pourtant que cette liberté peut aussi avoir ses limites. À un moment, Blandine Coulon se retrouve à l’intérieur. Lorsque la porte se referme, elle se tait. L’image est saisissante : comme si l’enfermement pouvait faire taire jusqu’à la voix. Puis les corps reprennent leur envol, légers, puissants, presque insaisissables. Et l’on pense à des oiseaux qui cherchent à s’échapper de leur cage.

    Le but

    Peut-être s’agit-il de ramener l’humain à l’essentiel ? Pas de décor spectaculaire, pas de technologie innovante, pas d’intelligence artificielle, rien de révolutionnaire. Des corps, de la grâce, de la poésie, tout ce qui appartient à l’humain et qui réveille des sentiments presque enfuis : l’envie de participer, de partager, le bonheur d’admirer des acrobates, la plénitude que procurent les chants et la musique.

    Une formidable invitation à s’étreindre, à danser et à s’intéresser à son prochain. C’est en cela que Manicomio est un spectacle unique et magique. À ne pas manquer.

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    Texte et mise en scène Patrick MassetAvec Chloé Chevallier César Mispelon, Paul Krügener, Blandine CoulonDu 11 au 26 septembre 2026 Au Théâtre de Poche En italien, Manicomio désigne un asile psychiatrique, une « maison de fous ». Mais depuis que l’équipe du Théâtre d’1 jour a choisi...Manicomio, au delà des cages