Ma voisine est indonésienne, un portrait touchant de « l’autre »

Extrait de la BD « Ma voisine est indonésienne » d’Emmanuel Lemaire (Shampooing, 2021)

Couverture de la BD « Ma voisine est indonésienne » d’Emmanuel Lemaire (Shampooing, 2021)

Scénario et dessin : Emmanuel Lemaire
Éditeur : Shampooing
Sortie : 27 janvier 2021
Genre : Roman graphique, Autobiographie

Dans Ma voisine est indonésienne, Emmanuel Lemaire raconte son amitié improbable avec sa voisine de palier, une traductrice indonésienne ayant émigré à Rouen après ses études de français. Une belle leçon sur la découverte de l’autre comme antidote à l’indifférence et à l’anonymat de la vie citadine.

Une femme originale et mystérieuse

Emmanuel Lemaire vit seul à Rouen. Dessinateur de BD, il travaille à la bibliothèque en journée pour payer ses factures. Intrigué par sa voisine de palier, qui elle aussi vit seule, il apprend peu à peu à la connaître au gré de leurs rencontres fortuites. Qui est cette femme insaisissable qui se dit traductrice mais qui part en excursion dans une nouvelle ville de France chaque weekend ? Pourquoi a-t-elle peur des chats ? Et surtout pourquoi disparaît-elle en coup de vent à la fin de chacune de leurs entrevues ?

Au-delà des préjugés

Après avoir imaginé qu’il s’agit d’une affabulatrice voire d’une serial killeuse, l’auteur-narrateur se prend d’attachement pour cette femme certes atypique, mais passionnée de culture française. À travers les histoires de celle qu’il surnomme « madame Hibou », il découvre peu à peu la culture indonésienne, tout en jetant un regard neuf sur sa propre culture. Dans le banal du quotidien, Ma voisine est indonésienne montre que l’aventure n’est parfois qu’à l’autre bout du couloir. Surmonter ses préjugés pour aller à la rencontre de l’autre est une façon d’enrichir son existence mais aussi de surmonter la solitude et l’isolement dans cette période de confinement (les deux voisins continuent de communiquer pendant la crise du COVID).   

Les dessins en noir et blanc d’Emmanuel Lemaire reconstituent avec une précision remarquable la vie de quartier et les excursions, réelles ou imaginaires, des personnages. Accordant une large place aux dialogues, il nous fait découvrir madame Hibou à travers ses propres yeux, offrant le portrait touchant d’une femme pour qui le quotidien est une source perpétuelle d’émerveillement.

A propos Soraya Belghazi 222 Articles
Journaliste - Responsable Arts/Expos/Musées du Suricate Magazine