Titre : Liberté oblige
Auteur : Maiwenn Alix
Éditeur : Slalom
Date de parution : 6 mars 2025
Genre : Roman adolescent
Liberté oblige clôt la duologie de Maiwenn Alix, qui prend racine dans une France contemporaine toujours soumise à une monarchie de droit divin. Dans ce second tome, l’autrice brandit de nouveau un thème déjà central dans le premier opus : la place des femmes dans une société conservatrice et leur quête d’émancipation.
Gabrielle est désormais reine et régente, après la mort brutale de son époux, Louis XXII. Elle doit affronter une noblesse bien décidée à étouffer les crimes du défunt souverain. Pour rappel, la vérité sur les agissements du roi éclatait au grand jour à la fin du premier tome : Louis XXII était un violeur et un meurtrier qui emprisonnait de jeunes femmes — souvent d’anciennes candidates de l’émission de téléréalité Noblesse oblige — pour assouvir ses pulsions sadiques. Devenue la plus haute figure du pouvoir alors qu’elle n’était, au départ, qu’une espionne au service des républicains en exil, Gabrielle doit désormais agir pour le bien du peuple mais aussi pour ses compagnes traumatisées, retrouvées dans les cachots sous Notre-Dame de Paris. En première ligne face à l’ire d’une aristocratie patriarcale et revancharde, elle ne pourra compter que sur un cercle restreint d’alliés pour ne pas être broyée par les jeux de cour et de pouvoir.
Déterminée à révéler les crimes de la famille royale, Gabrielle se heurte aux anciens ministres de Louis XXII, adversaires redoutables prêts à tout pour faire taire celle que le peuple adore — et qui menace surtout leurs intérêts.
Liberté, égalité, sororité !
Dans ce second tome, la dimension politique prend le devant de la scène. Là où Noblesse oblige explorait les mécanismes de la manipulation médiatique à travers l’émission du même nom, Liberté oblige plonge dans la réalité brutale des manœuvres politiques et des stratégies de propagande. Dans un monde presque exclusivement masculin, où les droits des femmes restent inexistants, Gabrielle tente par sa fougue et son audace de renverser des hommes puissants et cruels.
Cette lutte ouvre sur une seconde thématique : les moyens de coercition utilisés à travers l’histoire pour contrôler les femmes, notamment la complicité ancienne du clergé et des couvents, longtemps transformés en lieux d’exil ou de punition pour celles jugées trop vieilles, trop indépendantes, trop encombrantes — ou simplement gênantes pour un époux désireux d’installer sa maîtresse. Sur ce point, Maiwenn Alix n’a eu qu’à puiser dans les archives historiques : ces violences ont réellement existé.
Gabrielle devient, elle aussi, victime de ce système régi par des hommes tout-puissants, après avoir déjà survécu aux atrocités d’un tyran. À travers ses souffrances, l’autrice dresse également le portrait d’autres femmes, parfois complices, parfois dominatrices, toutes prises dans un mécanisme où la victime peut choisir de rester victime, de devenir bourreau ou d’emprunter la voie de la résilience et de l’émancipation. À travers Gabrielle, mais aussi Agnès, Solange et toutes celles qui refusent la domination masculine, Maiwenn Alix livre une œuvre divertissante, ancrée dans une dystopie passionnante, tout en offrant à une jeune génération de lectrices une réflexion sur ce que signifie être femme aujourd’hui. On ne peut qu’espérer qu’elles verront, dans le désir farouche d’émancipation de Gabrielle, une invitation à vivre avec exigence, à réclamer le respect de leur intégrité et à rejeter sans concession toute forme d’objectification ou de contrainte.
