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    L’éveil du printemps et toute l’excitation qui va avec

    Les pulsions adolescentes. En voilà un sujet qui ne cesse d’interroger et qui, surtout, ne cesse de rester sans réponse. Moritz, Wendla, Melchior, Ilse, Otto et Martha, comme des personnages intemporels, symboles d’une culture des désirs les plus réels, investissent ciel et terre (littéralement) pour ne jamais se taire. Iels explorent, témoignent, aiment et parfois meurent, dans le plus grand des plaisirs. 

    « Je pense que la puberté, ça mérite une médaille. Notre nez a dix-sept ans ; nos oreilles en ont huit ; nos sourcils, douze : on ressemble à Monsieur Patate. Nos bras pis nos jambes sont pas de la même longueur : quand on marche, on a l’air d’un Ficello. Et pourtant, on marche la tête haute. » Moritz

    Il y a une certaine excitation à aller voir L’Éveil du Printemps. Si si, on vous le jure ! Assister à cette pièce, ce n’est pas seulement s’interroger sur l’adolescence, ses désirs, ses tabous, ses premières fois; c’est revivre, au moins un peu, sa propre adolescence. À l’image de cette promesse, le spectacle offre aussi à vivre tout à la fois. Les corps dansent (d’ailleurs, on salue le travail d’Antonin Simon à la création sonore), volent, jurent, rient, aiment, disjonctent. 

    Impossible de passer sous silence le culot de David Paquet, auteur québécois, de réinventer Frank Wedekind, figure incontournable de la provocation. Bien que l’oeuvre de Wedekind date de 1891, elle n’en reste pas moins d’actualité. Et quelle actualité ! Il y a dans cette adaptation une subtilité brillante dans les mises à jour sur le monde, une sorte de grande conscience contemporaine. Sans annuler la richesse originelle que Wedekind a donné à Mortiz, Wendla, Melchior, Ilse, Otto et Martha, la couleur de chacun des personnages de L’Éveil du printemps de David Paquet est magnifiquement revue. Les identités, les origines, les expériences sont repensées pour parler de la jeunesse d’aujourd’hui.

    « J’ai préféré avoir deux figures féminines fortes et épanouies, afin que le présent ne soit pas teinté par les limites du passé. » David Paquet

    Le fond de L’Éveil du printemps, profond, tourmenté et énervé, reste donc inchangé grâce à la puissance de cette nouvelle adaptation. Mais la forme, sublimée par la mise en scène d’Ilyas Mettioui et le jeu des comédien·ne·s, se charge d’une fraîcheur piquante. L’oxymore est nécessaire. On rit jaune à l’humour Paquet mais on rit fort, alors que certains moments de silence viennent chercher une émotion ardue, et pour finir, la poésie nous invite davantage à nous lever qu’à rêver. D’ailleurs, c’était 100% un challenge de l’auteur: inviter le public non pas seulement à voir la puberté, mais la vivre toute entière, dans ses moindres émotions.

    Revenons à la poésie… Nous avons parlé du texte puissant, certes. Cependant, nous ne sommes pas sûrs d’avoir trouvé de la douceur aux bons endroits. Il y a ce mouvement, presque instinctif, qui parcourt les corps tout le long du spectacle, un mouvement presque ininterrompu, qui nous invite presque, et qui, quand il s’arrête, nous interroge. Dans le sens littéral, la pièce nous interroge. Elle veut marquer les esprits. Entre rythme et réflexions, la tempérance qu’il y a dans certains gestes ou certaines répliques a pu nous laisser confus. Nous ne venons pas voir L’Éveil du printemps pour être dorlotés, nous voulons du cash, sans ménagement. Nous aurions voulu que la tension des corps convulsés s’accumule dans chaque discours et dans chaque silence. 

    Tout comme il n’y a rien de plus instable que la quête de sens à l’âge de puberté, il n’y a rien de plus jouissif que de voir le désir se jouer. L’Éveil du printemps, avec les mots de David paquet, sous le regard d’Ilyas Mettioui, vous reconnectera assurément avec quelques sensations enfuies entre la révolution et l’orgasme. 

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    Texte de David PaquetInsoiré de l'oeuvre de Frank WedekindMise en scène Ilyas MettiouiAvec Boykid, Didier Colfs, Monia Douieb, Benjamin Gisaro/Tyssia Anuset (en alternance), Amine Hamidou, Lara Heine, Alice Johny Valinducq, Elisa WéryDu 29 septembre au 17 octobre 2026Au Théâtre de Poche Les pulsions adolescentes. En voilà...L’éveil du printemps et toute l’excitation qui va avec