Titre : Les Vestiges du temps
Auteur : Rachel Moore
Edition: De Saxus
Date de parution : 19 juin 2025
Genre du livre : Young Adult
Avec Les Vestiges du temps, Rachel Moore nous offre un savoureux mélange d’aventure, de romance et d’archéologie, dans un cadre inhabituel pour le genre : les ruines de Pompéi. Publié aux éditions De Saxus, ce roman s’inscrit dans la veine du Young Adult tout en flirtant avec les codes du roman d’initiation et du fantastique. Le tout porté par une héroïne en quête d’elle-même et un duo qui marque les esprits.
Un voyage scolaire… et hors du temps
Margot Rhodes, 17 ans, pensait vivre un banal voyage scolaire en Italie. Pourtant, tout bascule avant même son départ, lorsqu’elle tombe sur le journal d’un archéologue disparu en 1932 : Van Keane. En quête de reconnaissance paternelle et en proie à un mal-être diffus, Margot se laisse happer par les mystères que renferme ce carnet. Il la mène sur les traces du légendaire Vase de la Vénus Aurélia, un artefact aussi fascinant qu’intriguant.
Mais l’histoire prend une tournure surnaturelle lorsque, en Italie, la statue de l’archéologue prend littéralement vie sous ses yeux. Le passé ne se contente plus de murmurer : il s’impose. Van Keane, ressuscité ou réincarné — le roman ne cherche pas à tout expliquer — devient le compagnon d’infortune de Margot. Bourru, drôle, imprévisible, il bouleverse son quotidien… et peut-être son cœur.
Entre énigmes archéologiques, quête identitaire et liens inattendus, Margot devra affronter bien plus que les vestiges du passé. Car certaines rencontres ont le pouvoir de changer une vie — ou de la révéler.
Une quête archéologique… et intérieure
Les Vestiges du temps nous embarquent dans une aventure, dans la lignée des grandes sagas à la Indiana Jones ou La Momie, mais revisitée à hauteur d’adolescente. La quête du mystérieux Vase de la Vénus Aurélia structure le récit comme une succession d’épreuves : temples oubliés, passages secrets, énigmes antiques… L’action est omniprésente et rythmée.
Mais derrière cette chasse au trésor se cache une quête bien plus intime. Margot, l’héroïne, traverse un profond mal-être. Marquée par l’absence de sa mère et la distance émotionnelle de son père, elle cherche à combler un vide affectif. Cette mission devient pour elle un moyen de gagner l’approbation des autres — et surtout, de se prouver qu’elle mérite d’être aimée. Le vase, objet central du récit, se transforme alors en une métaphore puissante : ce qu’elle tente de trouver, c’est sa propre estime d’elle-même.
L’autrice, Rachel Moore, évite avec finesse le cliché de la romance salvatrice. Si les sentiments entre Margot et Van évoluent, ils ne prennent jamais le pas sur l’intrigue principale. Ce n’est pas l’amour romantique qui sauve Margot, mais bien l’action, le courage et la découverte de ses propres forces. Le roman valorise l’amour de soi avant l’amour de l’autre, dans une écriture fluide, moderne, ponctuée d’humour et accessible dès 13 ans.
Les dialogues sont vifs, les scènes d’action dynamiques, et l’univers cohérent, malgré quelques facilités narratives ou résolutions un peu rapides. Ce qui touche particulièrement, c’est la tendresse et la bienveillance que l’autrice insuffle à son récit, sans jamais édulcorer les douleurs de l’adolescence : solitude, syndrome de l’imposteur, peur de l’abandon, besoin de reconnaissance…
Les Vestiges du temps est un roman qui fait voyager, sourire, réfléchir. Il s’inscrit dans la lignée des récits d’aventure classiques — on pense à Benjamin Gates ou Lara Croft — tout en y ajoutant une profondeur émotionnelle bienvenue. Une lecture estivale agréable, mais aussi un texte qui peut accompagner les lecteurs dans leurs propres questionnements identitaires.
