« Les Trolls 2 : tournée mondiale », une ode à la musique et à l’harmonie

Les Trolls 2 : tournée mondiale
de Walt Dohrn et David P. Smith
Animation
Sortie le 14 octobre 2020

Le nouveau film d’animation de Dreamworks est un vrai régal pour les yeux et les oreilles. Dans ce deuxième opus, on fait la connaissance de six tribus de Trolls réparties sur plus de six territoires différents et dévouées à autant de genres de musique : Funk, Country, Techno, Classique, Pop et Rock. Alors que la reine des Trolls Rock veut prendre le pouvoir sur l’ensemble des Trolls, celle du territoire pop défend une union amicale. L’enjeu est de taille !  

Trolls 2, tournée mondiale oppose deux visions du monde : coopération versus hégémonie. Barb, sinistre reine de la royauté hard-rock veut détruire tous les autres styles de musique pour que le rock règne en maître. Elle adresse un avertissement à Poppy, la reine du Royaume pop. Poppy est décidée à la faire changer d’avis et à devenir son amie. Accompagnée de ses amis, Branch et Biggie, elle découvre l’existence d’autres royaumes trolls et souhaite rallier les autres territoires pour unifier les Trolls contre Barb. Le film est donc l’occasion de passer des messages assez profonds sur les différences, l’harmonie et la coexistence pacifique dans un monde où vivent des communautés variées. Ainsi un des personnages indique « nier nos différences, c’est nier la réalité de ce que nous sommes. Un monde où on fait tous la même chose, ce n’est pas ça l’harmonie. Pour créer l’harmonie, il faut beaucoup de voix différentes ». Quand on sait à quel point la musique est facteur d’identification à l’adolescence, pouvant aboutir à des camps qui s’ignorent, voire se dénigrent, entre les aficionados du rap et ceux du rock,  on comprend toute l’importance de la thématique du film pour un public. Reste à espérer que les enfants feront le parallèle sur d’autres facteurs de divisions dans la société. Les défis de l’amitié et de l’amour font également partie du scénario, et donnent lieu à de belles scènes entre Poppy et son fidèle compagnon Branch. On pourrait presque y voir également une leçon de management, avec la nécessité pour les nouveaux leaders d’écouter ceux qui les entourent et de ne pas s’enfermer dans leurs convictions.

Mais ce qui fait tout l’intérêt de Trolls 2, c’est son passage en revue des différents styles musicaux de manière très ludique. Les enfants s’y retrouvent. Le film démarre par une salve de pop musique époustouflante, à tel point qu’on se demande combien de temps ce rythme soutenu pourrait-il durer. La musique country est un tantinet tournée en dérision, avec un refrain obsédant et déprimant « on naît tous pour mourir un jour ». La musique classique est représentée dans un univers de type viennois avec perruques blanches, presque un genre mineur. Les variations et évolutions dans le monde de la musique funk, rnb, hip hop font l’objet d’évocations. Des grands noms de la musique actuelle – Justin Timberlake (producteur délégué), Mary J. Blidge, George Clinton entre autres – prêtent leur voix aux personnages et chantent. Parmi les voix françaises, on notera la performance de M. Pokora, Vitaa et Vegedream, qui nous fait souvent sourire dans le rôle de Petit Diamant.

En plus d’être une ode à la musique, Trolls 2 est un pur régal pour les yeux, avec son déluge de couleurs pop et de paillettes. Le film crée un univers bien spécifique à chaque type de musique. La Pop et la Techno sont particulièrement bien réussis dans un registre gai, et le rock dans une ambiance no future. Le tempo du film est très rapide, parfois trop, avec beaucoup de bribes de chansons à la suite les unes des autres. Dans l’ensemble, il y a cependant un bon équilibre entre les moments parlés et chantés. La mega-rave des techno Trolls, qui ouvre le film, est un régal. Pour les enfants, Trolls 2 sera l’occasion de mettre un nom sur différents styles de musique et pour les parents, une façon de revisiter leur répertoire musical. Petits et grands passeront un agréable moment ensemble avec les Trolls, avec de nombreux éclats de rire.

A propos Myriam Watson 48 Articles
Journaliste du Suricate Magazine