
Les Rêveurs
Réalisatrice : Isabelle Carré
Genre : Comédie dramatique
Acteurs et actrices : Isabelle Carré, Judith Chemla, Tessa Dumont Janod
Nationalité : France
Date de sortie : 12 novembre 2025
Elisabeth est comédienne, passionnée par ce qu’elle fait et convaincue du pouvoir de l’art d’expression, elle s’engage en tant qu’animatrice d’ateliers de théâtre dans un centre hospitalier pour enfants et adolescents souffrant de détresse psychique. Sur place, elle se confie sur son passage au sein de ce même établissement.
C’est alors que le passé refait surface. La négligence dans laquelle Élisabeth et son frère ont été élevés, les troubles alimentaires de sa mère, ses chagrins d’amour, sa solitude, … Toutes ces choses qui l’avaient poussée à dilapider l’armoire à pharmacie de ses parents.
À l’hôpital, la jeune Élisabeth découvre un monde froid et terne où errent des enfants déphasés. Elle parvient tout de même à tisser des liens avec ces patients, tous aussi désolés qu’elle de se voir enfermer.
Alors que ses souvenirs défilent, Élisabeth se remémore sa complicité avec Isker, une jeune fille de son âge internée en même temps qu’elle. Elle tentera de retrouver cette mystérieuse amie appartenant à ce passé morose.
Isabelle Carré se lance le défi audacieux de la réalisation, non seulement d’un premier film, mais également de l’adaptation de son propre roman. Elle cherche, tant bien que mal, à recréer cette poésie et cet univers éthéré émanant du livre qui avait su conquérir une bonne partie des lecteur.ices lors de sa sortie en 2018.
Or, les mots peuvent être manipulés avec toute la finesse et la beauté du monde, il n’en demeure pas moins que la mise en image est un art complexe ne dépendant pas seulement d’une personne et de ses perspectives.
Les Rêveurs semble être l’une de ces fameuses adaptations dont on conseille largement l’œuvre originale. La vision est compliquée et dénuée de dynamisme, les intentions de narration sont confuses : lorsque l’on pense comprendre dans quel sens évolue le récit, de nouvelles informations s’immiscent maladroitement, au détriment de points d’intrigue essentiels.
Le théâtre est introduit comme un élément clé, voire salvateur, de la vie d’Elisabeth, mais n’est mentionné qu’une poignée de fois. De même, le personnage d’Isker semble avoir une place symbolique, pourtant, l’intrigue autour d’elle est inachevée.
Trop de questions sont laissées ouvertes alors que peu d’éléments sont donnés aux spectateur.ices pour pouvoir réellement fabuler sur leurs potentielles allégories.
À l’inverse, le passage de la jeune Elisabeth à l’hôpital est surexploité et tire en longueur. Il est évident que ce point est essentiel, cependant, le contexte reste confus. Son arrivée est précipitée, sa situation familiale et ses états d’âme sont à peine établis qu’elle se retrouve internée pour une détresse peu convaincante aux yeux du public n’ayant même pas eu le temps de découvrir les travers du personnage.
Par conséquent, les évènements prenant place pendant cette période d’hospitalisation manquent de perspective, l’intérêt pour la protagoniste et ses rêveries demeure minime.
La direction d’acteur.ice est toujours une affaire délicate, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’enfants. Le jeu, bien trop souvent mécanique, lors de scènes se voulant émouvantes, a tendance à sortir la.e spectateur.ice de cette histoire qui a pourtant du potentiel immersif et touchant.
La thématique pleine d’espoir et de divagations lyriques est fortement impactée par ces choix de narration et de mise en scène. Mettre en image la poésie sans en faire trop ou trop peu est un pari complexe, la réalisatrice n’a malheureusement pas su trouver cet équilibre.
Malgré cela, les musiques sont un point positif, surtout pour les avides de la pop des années 70-80. Entre Dalida, Madness et Spandau Ballet, la bande sonore enjolive l’univers mélancolique et un peu maladroit d’Isabelle Carré.
