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    Le vivant qui se défend : quand la nature se rappelle à notre bon souvenir

     « Je ne sais pas comment j’ai fait tout ce temps pour vivre sans eux, comme un orphelin coupé de la texture du monde. » Mais qui ça « eux » ? Ceux qui voient sans être vus. Ceux qui tentent de survivre dans ce qui reste, à la lisière d’un monde pensé exclusivement pour les hommes. Ceux qu’on avait carrément oublié.

    Le Vivant qui se défend est un documentaire réalisé et autoproduit par le journaliste Vincent Verzat, créateur de la chaîne Youtube « Partager c’est sympa » lancée en 2015. Le militant raconte son parcours en revenant sur les mobilisations écologiques ayant marqué la France de ces dix dernières années, comme celles visant à annuler les projets de construction de l’A69 ou de créations de méga-bassines. Dans le même temps, nous suivons ses débuts en tant que reporter animalier. 

    Le long-métrage se veut à la fois un outil de lutte écologique et un hommage à la raison d’être de celle-ci : la nature. D’un côté, la clameur de la foule en manif ; de l’autre, la quiétude des animaux en forêt. Le vidéaste livre ainsi des séquences contemplatives, particulièrement émouvantes, mettant en scène des chevreuils, des renardeaux, des choucas ou des sangliers. Soucieux de « repeupler [son] monde de ses habitants », il se lance notamment sur les traces de plusieurs blaireaux. Aux images paisibles des créatures cherchant de la nourriture, se succèdent celles montrant leurs terriers rasés ou leurs cadavres gisant au bord de la chaussée : « Chaque année en Europe, deux-cent millions d’oiseaux et trente millions de mammifères sont tués sur la route. » Au-delà des chiffres, une réalité tangible. Impossible de rester de marbre. 

    Malgré tout, et cela peut surprendre, le ton demeure léger, voir optimiste. Le documentaire, présenté sous forme de confidence entre un youtubeur et ses abonnés, ne tombe pas dans le pathos ou le ronflant. En effet, on ne se contente pas de s’indigner : on partage aussi des plans concrets pour préserver la biodiversité. Dans ce climat d’éco-anxiété généralisé, le film apporte finalement une lueur d’espoir bienvenue : la révolution est en marche et elle n’a jamais été aussi acharnée.

    Le film :

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