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    Le travail. Pourquoi travaillons-nous ? Parce que c’est comme ça

    Mais oui, dans le fond, pourquoi faisons-nous cette bêtise-là ? Pourquoi passons-nous la majorité de notre temps avec des gens, qu’on appelle collègues, à bucher sur des tâches que le patronat nous aurait demandé d’effectuer dans un temps imparti et à des heures fixes, si nous avons la chance d’être salarié·es ? Évidemment, le travail vient répondre à un besoin, et ce serait réfléchir de manière hors-sol de ne pas le poser ici : rapporter de l’argent à la maison, pour soi, une famille éventuelle, le loyer, la nourriture. Oui, mais… tout de même, pourquoi travaillons-nous ?

    Est-ce que Dominique Méda répond tout à fait au problème ou s’en sert-elle pour gloser autour de la notion même de travail ? Réponse deux, mon général (ah, encore un patron). Nous ne refermerons pas le livre avec une réponse à cette question, qu’elle soit appliquée à notre vie personnelle ou de manière plus large. Méda ne développe pas la question sous-jacente à son titre : et pourquoi ne travaillerions-nous pas (ou moins) ? Si elle parle bien sûr du chômage, du revenu universel, des fonds de ressources utilisées (en France) en cas d’exclusion du dit chômage, elle réfléchit plutôt à la question du travail, de ce qu’il serait (ou ne serait pas) et de ce qu’il pourrait (ou devrait) être.

    Dominique Méda, professeure d’université, ancienne diplômée de l’ENA, chercheuse, philosophe, a derrière elle une longue carrière et beaucoup de livres publiés. Elle sait de quoi elle parle, elle lit, écrit, et nous partage la vue de penseurs/penseuses sur différentes thématiques tournant autour de la notion de « travail ». Le livre est ainsi découpé en très courts chapitres, où Méda développe les idées d’un auteur ou d’une autrice qu’elle peut ensuite mettre en lien. Le livre est très riche à ce niveau-là, ce brassages de théories anciennes ou nouvelles d’ailleurs. On est moins dans la profondeur et le développement que dans la pêche aux idées.

    Méda réfléchit sur la notion de travail, sur ce qui fait qu’on considère certaines tâches comme travail et d’autres pas. Pourquoi prenons-nous du plaisir à effectuer des tâches de manière autonome, comme écrire un article pour le Suricate par exemple, alors que des tâches similaires peuvent nous apparaître comme un fardeau, une fois derrière un bureau ? Utilisons-nous bien le bon mot ? Pourquoi recouvrir autant d’activités différentes par ce même vocable ?

    De même, Méda revient sur le travail domestique, effectué majoritairement par les femmes. Pourquoi n’est-il pas rémunéré ou même considéré comme un travail ? Qui décide de ce qu’est le travail ou non ? Qui décide de mieux rémunérer certaines personnes que d’autres, malgré la preuve que leur métier est plus « essentiel ». Méda en revient aux théories et explique de manière simple et très pédagogique ce qu’elle pense être la bonne solution : à savoir, ici, qu’elle déconseille de rémunérer les femmes pour le travail domestique car cela ne ferait que donner des ailes supplémentaires pour le mouvement Tradwife en faveur « de la domesticité des femmes » et de coupe dans les acquis sociaux.

    Dominique Méda invite ainsi à revoir nos manières de fonctionner, de valoriser ou non tel travail ou non, en remettant au centre l’humain et l’environnement et ceux et celles qui s’en occupent et le traitent avec soin. Elle ne croit pas à un monde sans travail et pense même que l’allocation universel serait un piège qui permettrait aux gouvernements de réduire encore les protections sociales. Alors, en attendant de savoir pourquoi on travaille, il faut continuer… de travailler.

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    Titre : Le travail. Pourquoi travaillons-nous ? Auteur.ice : Dominique MédaÉdition : AutrementDate de parution : 04 mars 2026Genre : Essai Mais oui, dans le fond, pourquoi faisons-nous cette bêtise-là ? Pourquoi passons-nous la majorité de notre temps avec des gens, qu’on appelle collègues, à bucher sur des tâches que le...Le travail. Pourquoi travaillons-nous ? Parce que c’est comme ça