Le Trait d’union au Varia

De Guillaume Kerbusch, mise en scène de Valentin Demarcin, avec Guillaume Kerbusch et Denys Desmecht

Du 23 au 29 avril 2015 à 20h au Petit Varia

Après le divorce de ses parents, un adolescent se met à engloutir tout ce qu’il a sous la main, en regardant la télévision et en se morfondant sur son sort. Guillaume Kerbusch raconte cette expérience qui lui est propre, ses causes et ses conséquences, dans un (presque) seul en scène assez touchant et très court – à peine quarante minutes. Destiné avant tout à un jeune public, Le trait d’union a été pensé pour tourner dans les écoles afin de susciter le débat auprès des premiers concernés : les adolescents.

Suite au succès de la pièce aux Rencontres Théâtre Jeune Public de Huy en août dernier – où elle a été récompensée du prix de la presse et du Prix de la Ministre de l’Enseignement secondaire – le Théâtre Varia a eu la bonne idée de la programmer pour quelques représentations. Le dispositif à la fois rudimentaire et très inventif de ce spectacle a priori itinérant n’en est que renforcé et amène un rapport inattendu entre la scène et la salle.

Avec l’aide de son régisseur Denys – acteur et partie intégrante du spectacle –, Guillaume Kerbusch évoque des moments de son adolescence par l’intermédiaire d’un écran de télévision, à travers lequel des personnages divers – parents, camarades de classe, professeurs,… – tous interprété par Kerbusch lui-même, dialoguent avec le héros. La mobilité de l’écran et la manière dont les deux acteurs jouent avec, comme un accessoire à part entière, amène un dynamisme constant, bienvenu dans une pièce orientée vers un public jeune.

Mais le ciblage très précis de l’audience recherchée par Kerbusch n’empêche pas les adultes d’également se reconnaître dans ce récit universel et touchant, lequel ne laisse jamais aucun spectateur sur le côté. Si l’on peut faire un reproche à la pièce – mais c’est finalement presque un compliment – c’est qu’elle est trop courte, du moins pour un lieu théâtral, dans lequel on s’attend peut-être à un format plus habituel, plus standard. Mais en sachant que Le trait d’union a été conçu pour passer dans les halls d’écoles, on comprend que cette durée était le compromis idéal entre un sketch et une pièce de théâtre et qu’elle permet au message de passer plus directement de l’émetteur au destinataire sans risquer de laisser une impression de longueur ou de lourdeur.

La pièce s’arrête alors que l’histoire continue et le spectateur accroché reste frustré d’une telle coupure, même si les derniers mots, très poétiques, apportent un semblant de conclusion. Mais le Varia et la troupe a heureusement pallié à cette frustration en proposant de prolonger la pièce par une interaction et un débat avec la salle en fin de spectacle. Le trait d’union laisse alors donc une petite trace dans l’esprit de son spectateur – jeune ou moins jeune – et termine sur cette volonté de transmission qui caractérise sa démarche.

Thibaut Grégoire
A propos Thibaut Grégoire 339 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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