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    Le Songe d’une nuit d’été : Un Shakespeare qui donne le sourire

    Pour débuter sa nouvelle saison théâtrale, le Théâtre du Parc propose une revisite contemporaine du Songe d’une nuit d’été. Après le succès de sa représentation en plein air à l’Abbaye de Villers-la-Ville, la troupe transporte désormais Bruxelles dans un univers foisonnant de féerie, d’énergie et d’humour. Portée par une mise en scène bluffante et une musicalité entrainante, cette nouvelle production s’impose comme un spectacle généreux, dont on ressort avec le sourire.

    Une œuvre à découvrir

    Ecrite vers 1595, Le Songe d’une nuit d’été est l’une des comédies les plus célèbres de Shakespeare. A Athènes, Hermia, Lysandre, Demetrius et Helena se retrouvent pris dans un jeu amoureux où chacun désire la mauvaise personne. Fuyant les contraintes imposées par la société, ils gagnent une forêt enchantée, royaume d’Obéron, de Titania et du malicieux Puck. Un simple sortilège administré par erreur suffit alors à bouleverser les sentiments et à transformer la nuit en un tourbillon de jalousie, de désir et de quiproquos. Au milieu de ce chaos, Bottom et sa troupe de (mauvais) comédiens amateurs apportent une dimension burlesque qui fait basculer l’intrigue dans une véritable tragi-comédie.

    Derrière cette légèreté, Shakespeare cherchait à questionner plus précisément le désir, les apparences et notre difficulté à distinguer la réalité de ce que nous projetons sur elle. Dans sa pièce, l’amour n’ est jamais rationnel : chacun idéalise, jalouse, contrôle ou change de sentiment. La pièce interroge également notre liberté face au regard des autres et aux normes qui prétendent parfois décider à notre place. Aujourd’hui enfin, ces personnages nous ressemblent par leur manière de parfois jouer un rôle, de projeter leurs désirs et de confondre amour et idéalisation. 

    Une revisite pleine d’énergie

    Comme à son habitude, Thierry Debroux choisit une version résolument décalée et moderne. Les treize comédiens investissent la scène avec une énergie communicative : danses, mouvements, combats et musique donnent au spectacle un rythme particulièrement vivant. Les chansons, variées et parfois réinventées, créent une véritable proximité et transforment la représentation en expérience collective. Mention spéciale au splendide décor floral et aux costumes particulièrement réussis. Certains moments, comme la danse en binômes habillés de blanc, constituent par ailleurs de véritables moments suspendus.

    De son côté, la mise en scène n’hésite pas à multiplier les anachronismes et les clins d’œil : un Puck aux allures de personnage sous cocaïne, des problèmes de GPS, une tente « deux secondes » viennent régulièrement percuter l’univers shakespearien. Ces trouvailles cocasses donnent au spectacle une couleur franchement contemporaine et contribuent largement à son dynamisme. Au rayon des sensibilités, le choix du clownesque pourra clairement diviser, surtout dans la deuxième partie. A force de privilégier la légèreté et le rire, la mise en scène a malheureusement tendance à appauvrir parfois l’intrigue, forçant certains passages et brouillant le spectateur.

    Le spectacle assume néanmoins pleinement cette liberté. Il ne cherche pas à livrer un Shakespeare solennel, mais à faire vivre son univers au présent, quitte à en bousculer les contours. Et c’est finalement là que réside sa réussite : un Shakespeare accessible, parfois loufoque, bienveillant et surtout profondément vivant.

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    De William ShakespeareMise en scène Thierry DebrouxAvec Denis Carpentier, Mathilde Daffe, Charlotte De Halleux, Perrine Delers, Emmanuel Dell’Erba, Nathan Fourquet-Dubart, Océa Gonel, Jonas Jans, Thierry Janssen, Mathilde Laulier, Antoine Minne, Jean-François Rossion, Lili SorgeloosDu 3 septembre au 10 octobre 2026 Au Théâtre du Parc Pour...Le Songe d’une nuit d’été : Un Shakespeare qui donne le sourire