
Le grand air
Texte et dessin : Margaux Othats
Éditeur : La Partie
Date de parution : 5 février 2026
Genre : Album jeunesse, imagier, petite enfance
Album destiné aux 3 ans et plus, Le grand air est bien ce qu’il prétend être : une célébration de la découverte de la nature extérieure au moment de l’enfance, en dehors de la grande ville. Sauf que l’autrice Margaux Othats a pris comme point de départ un concept intéressant : partir de mots pour exprimer des idées différentes, en renouvelant la thématique à chaque nouvelle saison.
On commence donc par lire Le grand air en se disant que le concept est vite compris : un mot, une image. « Sauter » montre par exemple une petite fille avec ses bottes qui éclabousse le chemin en mettant les pieds dans le plat (ou plutôt, dans la flaque). « Tomber » nous montre des bouts de branche étalés sur le sol, comme bousculés par la force du vent. Alors qu’on s’habitue au concept, l’autrice revient à l’image originelle, ce bout de paysage, mi-village, mi-campagne, où des fleurs apparaissent doucement.
On tourne ensuite la page, et là, surprise, les mêmes mots apparaissent, avec cette même petite fille, sauf que les actions sont différentes ! « Sauter » nous dévoile des mains humaines qui essaient d’attraper une sauterelle, tandis que « tomber » décrit un ciel orageux sur un champ cultivé. Et ainsi de suite avec tous les mots, jusqu’à ce qu’à nouveau, un autre chapitre démarre, représentant une autre saison, avec les mêmes verbes et des illustrations appropriées à la période de l’année.
Comme sa couverture se laisse apercevoir, Le grand air est un superbe album poétique sur les petits riens qui font tout : à la fois dans la vie d’une vie d’enfant, mais aussi d’un adulte qui se remémore ces petites découvertes. La palette graphique de l’autrice ne cherche à rien surligner. Elle arrive à exprimer tant de choses via l’expression de la petite fille, dont les yeux sont à peine ébauchés, avec un peu de rouge sur les joues, ou dans sa corporalité enfantine.
Le dessin de Margaux Othats est toujours plus que ce qu’il montre, car elle représente souvent un moment clé d’une action en cours (un œuf craquelé sur le sol, un bobo au genou, un bonhomme de neige fondu, etc.). À nous d’imaginer un passé et un futur à ce qui est illustré, ce qui est la promesse de beaux moments avec les enfants que vous accompagnerez dans la lecture. L’autrice promeut la poésie du moment plutôt que la didactique : les noms des saisons ne sont pas évoqués, à nous (et aux enfants) de faire notre travail et d’y chercher les indices laissés volontairement, mais de manière très subtile.
