Titre : La République dy dragon
Auteur : R.F. Kuang
Edition: De Saxus
Date de parution : 27 mai 2026
Genre du livre : Fantsay
Après la sortie d’un premier tome en mai 2025, De Saxus poursuit la publication de la trilogie La Guerre du pavot de R.F. Kuang, en éditant pour la première fois en français le second volume.
Lorsque les lecteurs de la trilogie rencontrent pour la première fois Rin, celle-ci n’est encore qu’une enfant. La misère et les humiliations qui marquaient son quotidien avaient, certes, déjà aiguisé son sens de la détermination. Mais elle était encore, alors, capable de regarder le monde avec espoir. Tous ceux qui sont arrivés au bout des quelque six cents pages qui composent le premier volet savent que cette Rin là a fini par disparaître. Abîmée par une guerre atroce menée contre son pays et rongée par la culpabilité, Rin commence ce second chapitre de son histoire avec une sérieuse addiction à l’opium et un tempérament aussi colérique qu’imprévisible.
Grâce à ses relations avec les forces ésotériques, Rin a exterminé les envahisseurs mugenais. Ce pays qu’on pourrait rapprocher du Japon a été éradiqué de la carte par un séisme qui a, étrangement, pris la forme d’un champignon de fumée. Puisque la guerre est finie, la paix pourrait enfin advenir. Mais que nenni. Le Nikara dévasté par cet affrontement qu’il devait normalement perdre, se retrouve morcelé. Les différentes régions peinent à s’entendre. Et au milieu de ce désordre politique, Rin, qui est devenue l’arme la plus puissante du pays, est animée par son besoin de vengeance.
Rin est devenue la commandante de la Cike, un rôle qui ne convient pas à son caractère impulsif. À cela, s’ajoute le fait que tous la craignent autant qu’ils désirent son pouvoir. Après être passée par de mauvais choix d’alliances, elle rejoint les troupes du chef de guerre dragon dans son insurrection contre l’impératrice. Même avec l’aide de Rin, cette région méridionale n’est pas assez puissante pour renverser le pouvoir établi. Leur viennent alors en aide les Hespériens. Ce peuple occidental – décrit comme ayant le teint blafard, vénérant un dieu unique et dont les Nikans redoutent les méthodes coloniales – nous est étrangement familier.
Si les débuts deL a guerre du Pavot était souvent comparés à l’univers d’Harry Potter, avec une école aux enseignements fantastiques et des amitiés qui se forment face à l’adversité, le second volume de la trilogie s’en éloigne complètement. Dans La République du dragon, l’accent n’est plus mis sur l’apprentissage ou la construction d’un monde. C’est ni plus ni moins que la guerre qui l’occupe. Il y est donc question de stratégies, d’alliances, mais surtout d’affrontements.
Ceux que les descriptions de combats ne séduisent pas seront sûrement moins emballés par ce chapitre de l’histoire. Mais il faut reconnaître à R.F. Kuang ses qualités d’historienne. L’autrice sino-américaine louée à l’international, observe des conséquences de la guerre auxquelles nous n’aurions pas forcément pensé. Les récits s’arrêtent souvent à la résolution du conflit, sans se préoccuper de ce que celui-ci laisse derrière lui. Méfiance envers le pouvoir, précarité, exil de certaines zones inhabitables, colère et inimitié.
Si La République du dragon est peut-être plus linéaire que son prédécesseur, ou en tout cas plus tourné vers une thématique unique, le talent de R.F.Kuang n’en est pas moins établi. Le petit plus de ce second volet, c’est bien sûr la présence des Héspériens, si faible sur le plan spirituel et en même temps si convaincus, qui sont tournés en ridicule. Si le premier tome de La Guerre du pavot avait déjà fait l’objet d’une édition française, la suite de la trilogie n’avait à l’époque pas été éditée. C’est enfin chose faite pour ce second volume qui, on l’espère, sera suivi du Dieu brûlant, ultime volet de la saga.
