La mer verticale, apprendre à vivre avec ses crises de paniques

Extrait du roman graphique « La mer verticale » (Dargaud, 2022)

Couverture du roman graphique « La mer verticale » (Dargaud, 2022)

Scénario : Brian Freschi
Dessin : Ilaria Urbinati
Éditeur : Dargaud
Sortie : 11 février 2022
Genre : Roman graphique

La mer verticale est un roman graphique sur la lutte d’une jeune femme pour maîtriser ses crises de panique. Un peu comme un carnet de vie, l’album suit son personnage au quotidien, oscillant entre des moments d’insouciance heureuse et des moments d’angoisse très sombres. Un récit très personnel, illustré avec beaucoup de sensibilité.

L’incompréhension des autres, mais aussi de soi-même

India a 29 ans et souffre de « trouble panique ». Institutrice dans une petite ville italienne, elle a pourtant tout pour être heureuse. Elle adore son travail et son fiancé, Pier, est plutôt compréhensif. Comment expliquer que, sans prévenir, elle plonge parfois dans des crises de panique qui la paralysent et la font sombrer dans l’angoisse ?

Si La mer verticale n’offre pas de réponse au « pourquoi » du mal-être d’India, l’album retrace le cheminement de la jeune femme pour apprendre à vivre avec une maladie qui suscite l’incompréhension de ses proches. Comme dans Goupil ou face, qui traite des troubles bipolaires, le scénariste souligne ici la difficulté pour le partenaire, les parents et les amis, de venir en aide à une personne qui, lors de ses crises, se referme sur elle-même.

La fiction comme thérapie

La réaction la plus violente vient toutefois des parents d’élèves, après qu’India a fait une crise de panique en pleine classe. Peut-on lui confier la responsabilité d’enfants ? Doit-elle leur expliquer sa maladie ou doivent-ils être préservés de ce genre de considérations ? Pour illustrer l’imprévisibilité des crises, la dessinatrice Ilaria Urbinati créé un univers parallèle, sans mots et très sombre. Cette descente dans les ténèbres et le silence contraste avec les illustrations du quotidien, au trait léger et aux couleurs chaudes. Les séances chez le psychologue sont par ailleurs l’occasion de donner la parole à India pour mieux comprendre ce qu’elle ressent.

Mais c’est surtout à travers la fiction, à savoir les contes peuplés de monstres qu’elle invente et raconte à ses élèves, qu’India partage et surmonte ses peurs. La « mer verticale » est une métaphore qu’elle utilise pour décrire la façon dont l’angoisse la submerge sans crier gare. C’est aussi un phénomène qu’elle finit par accepter et par dompter, donnant au lecteur et à tous ceux qui souffrent de troubles de l’anxiété une belle leçon d’espoir et de résilience.

A propos Soraya Belghazi 264 Articles
Journaliste - Responsable Arts/Expos/Musées du Suricate Magazine