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    La guerre du pavot, l’amorce d’un bouleversement

    Profitant de la sortie poche de Babel, qui avait valu à R.F. Kuang les éloges pour sa capacité à faire rimer fantasy et étymologie, De Saxus s’engage dans la réédition du premier opus de l’autrice ; La Guerre du Pavot.

    Fang Runin doit la misère à son statut d’orpheline. Adoptée par des trafiquants à la petite semaine, sa seule issue à la revente d’opium est d’accepter le mariage arrangé par sa famille. Mais pour celle qu’on surnomme Rin, il est hors de question de se retrouver enchaînée à un importateur d’oreilles de porc, trois fois plus âgé qu’elle. Bref, passer d’une geôle à une autre.

    Rin qui possède une mémoire eidétique s’organise donc pour que le miracle advienne. À force de discipline et en sacrifiant une partie de son sommeil, la petite campagnarde déjoue les pronostics et intègre la prestigieuse école militaire de Sinegard, où sont formés les futurs dirigeants du pays.

    Comme Rin, R.F. Kuang est une jeune prodigue. Le public découvre La Guerre du Pavot alors que son autrice est tout juste âgée de 22 ans. Et ce premier tome d’une trilogie monumentale n’est pas un simple manuscrit proposé par une écrivaine prometteuse. C’est une fresque audacieuse qui repose sur l’histoire de l’Empire fictif du Nikan, inspiré de la seconde guerre sino-japonaise.

    Ledit Empire a vu sa gloire s’éteindre quand, profitant de tensions internes, la fédération de Mugen – état insulaire en forme d’arc – l’a pris d’assaut. Depuis le Nikan vit sous le joug de son agresseur et dans la crainte permanente d’un troisième affrontement. Dans ce contexte houleux, les internes formés à la défense du pays sont des acteurs clés de l’avenir. L’école militaire de Sinegard n’est pas un camp de vacances. Il faut avoir les épaules solides pour accepter la brutalité et l’exigence de son enseignement. D’autant plus quand, comme Rin, votre teint halé trahit vos origines paysannes, étrangères à la noblesse citadine qui remplit, depuis des générations, les rangs de cette école.

    Mais dans l’hostilité, Rin peut compter sur quelques mains tendues. D’abord celles de Kitay et de Niang qui, comme Hermione et Ron dans Harry Potter, rendent les victoires de l’héroïne possibles. Mais aussi celle d’un étrange professeur des savoirs ancestraux qui intègre dans ce roman épique une dimension magique. Du moins, en quelque sorte. Car l’univers de La Guerre du Pavot est bien trop riche que pour dépendre de la folie d’un seul personnage.

    Le fantasy est assumé dès le début, depuis la description des régions reculées dans lesquelles a grandit Rin jusque dans les savoirs proposés à l’Académie. La force de R.F. Kuang est de parvenir à se servir dans l’identité de la Chine pour défendre une histoire à la fois ancrée dans la réalité, avec notamment le trafic d’opium ou encore la référence à certains conflits régionaux, mais aussi inspirée des savoirs traditionnels et ancestraux du pays qui permettent de s’ouvrir au registre du fantastique.

    La Guerre du Pavot est un excellent compromis pour les lecteurs férus d’histoire qui aimeraient s’essayer à la fantasy mais qui d’habitude s’y refusent. Mais surtout, puisque La Guerre du Pavot est une trilogie dont seul le premier tome avait, à l’époque de sa sortie, été traduit en français, il ne reste qu’à espérer que la maison d’édition spécialisée dans le Young Adult offrira au public la suite de cette saga audacieuse.

    Cheyenne Quévy
    Cheyenne Quévy
    Responsable littérature

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    Titre : La Guerre du pavotAuteur : R.F. KuangEdition: De SaxusDate de parution : 15 mai 2025Genre du livre : Fantsay Profitant de la sortie poche de Babel, qui avait valu à R.F. Kuang les éloges pour sa capacité à faire rimer fantasy et étymologie, De Saxus s’engage dans la réédition...La guerre du pavot, l’amorce d’un bouleversement