
La Fille dans les nuages
Réalisateur : Philippe Riche
Genres : Animation, Aventure, Famille
Voxographie : Louane Emera, Jamel Debbouze, Grégoire Ludig
Nationalités : France, Belgique
Date de sortie : 22 juillet 2026
La Fille dans les nuages, premier long-métrage du français Philippe Riche, nous emmène dans une aventure à vol d’enfant. Nous enjoignant à quitter notre zone de confort pour nous laisser porter par nos rêves, il offre une sympathique escapade qui aurait mérité un peu plus de folie pour réellement décoller.
A 11 ans, Providence a la tête dans les nuages et le nez dans les livres, ceux qu’écrit son voisin Octavius sur les combats des « Sentinelles de la Terre » : des enfants aux pouvoirs magiques sauvant la nature aux quatre coins du monde. Un jour, la magie s’insuffle pour de vrai dans sa vie par le biais d’une plume particulière, capable de rendre réel tout ce qu’elle écrit. Elle va mener la fillette, accompagnée de son glouton de cochon d’Inde, à vivre une aventure incroyable… Et peut-être sauver le monde à son tour ?
Le design des personnages est varié et attrayant, tandis que les touches d’humour au détour des dialogues viennent parfois nous cueillir par surprise. Les ressorts comiques que sont Airbag le cochon d’Inde (doublé par Jamel Debbouze) ou les moines benêts ne sont pas sans lourdeur, mais parviennent dans l’ensemble à convaincre. On peut regretter que parmi tous ces caractères hauts en couleur, celui qui est dressé de Providence dès l’ouverture (un cataclysme ambulant générant des gaffes par inattention) s’estompe lorsqu’elle quitte sa ville investie de sa mission. Quant au doublage du personnage par Louane, il prend surtout sens dans la poésie d’un court passage chanté. Reste toutefois une fillette rêveuse, obstinée et voulant sauver le monde, dans laquelle beaucoup d’enfants devraient se reconnaître.
Son voyage est visuellement réussi et peut donner une sensation de départ en vacances, où la route se vivrait depuis le ciel. Les paysages se font plus oniriques à mesure que l’on quitte un Paris désert pour le lac volcanique imaginaire de « Kabamga » (grossièrement situé en Afrique de l’Est), traversant d’autres localités reconnaissables comme l’Italie, aux côtés d’oiseaux et de protagonistes attachants.
Avoir le courage de s’accrocher à ses propres rêves pour s’émanciper et vivre pleinement est l’un des messages délivrés par le film, qui semble vouloir nous emmener sur le terrain du fantastique avec des pouvoirs magiques ou des forces obscures. Cependant, la promesse d’une magie à portée de plume, traduisant l’imagination (presque) sans limites nous laisse un goût de trop peu. Les vœux exaucés restent en majorité convenus (comme voler, faire parler les animaux ou rétrécir) et l’on se concentre surtout, comme l’indique le titre, sur le trajet aérien parsemé d’embûches de la jeune fille. Cette focale tient probablement à la source d’inspiration du long-métrage, un roman de Romain Puértolas au ton absurde et loufoque. Ici l’imaginaire reste bien sage et l’antagoniste principal, certes spectaculaire, manque un peu de relief. Peut-être que si la menace s’éloignait moins du contexte écologique déjà présent, suivant l’importance des Sentinelles de la Terre pour Providence (qui l’inspirent autant que ses parents, avant qu’elle ne devienne elle-même un modèle pour ses pairs), l’intrigue aurait encore gagné en profondeur et cohérence.
Cela n’empêche pas La Fille dans les nuages de valoir le détour en salle obscure, surtout pour les plus jeunes. D’autant qu’en pleine période estivale, tout le monde a bien besoin de s’évader et il saura à cet égard satisfaire les attentes.
