
La double exposition
Scénario : Sonja Shillito et James Huth
Dessin : Laurent Durieux
Éditeur : Dargaud
Date de parution : 21 novembre 2025
Genre : Fantastique
Nous avions évoqué dans un autre article le fait que les albums de Blake et Mortimer, dont le dernier en date, La menace atlante, sort aujourd’hui, suivaient une ligne relativement classique, rendant hommage à l’œuvre de Jacobs. Mais depuis 2014 avec L’aventure immobile de Didier Convard et André Juillard et La fiancée du Dr Septimus de François Rivière et Jean Harambat en 2020, la collection Le nouveau chapitre tente une autre approche en ouvrant le dialogue entre un écrivain et un illustrateur dans l’univers créé par Edgar P. Jacobs. Une occasion d’insuffler un vent nouveau à la série, comme le prouve encore La double exposition de Sonja Shillito, James Huth et Laurent Durieux.
Francis Blake et Philip Mortimer ne sont pas plus à l’abri à New York qu’à Londres. Et bien qu’ils aient déjà, par le passé, sauvé le monde des plus diaboliques inventions de savants fous, rien ne les a préparés à ce qui les attend : se retrouver captifs d’une ville futuriste régentée par Miloch, pourtant décédé, mais aussi par Septimus, Voronov et des quinzaines d’Olrik ! Les canons à neutrons du Télétransporteur les ont tous miniaturisés ! Et voilà nos deux héros emprisonnés au cœur des maquettes du Futurama.
Scénaristiquement, on apprécie le fait que, même si les auteurs multiplient les allusions aux albums existants, notamment en proposant une confrontation face aux plus coriaces ennemis du célèbre duo, ils élargissent également les sources d’inspiration à d’autres auteurs de science-fiction – la ville miniature et la manière de l’envisager comme solution possible à nos problèmes de modernité nous faisant penser à une nouvelle de Liu Cixin. De plus, pour les lecteurs noyés sous la profusion d’informations distillées dans un album classique de Blake et Mortimer, le format qui allie texte et illustrations en pleine page facilite grandement la lecture.
Graphiquement, Laurent Durieux apporte un style rétrofuturiste qui sied parfaitement à l’histoire contée.
Avec la parution de La double exposition et de La menace atlante le même jour, les amateurs de Blake et Mortimer seront comblés. Les lecteurs curieux se tourneront vers le premier tandis que les tenants d’une ligne plus classique se procureront le second.
