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    La Danse des renards : baisse pas ta garde !

    Le premier long métrage du réalisateur belge propose une intéressante étude de personnage, déjouant les attentes du film de sport au profit d’un coming-of-age doux-amer, à la fois sensible et pertinent. Le film interrogeant avec justesse la dimension performative de la masculinité ainsi que les dynamiques parfois toxiques du groupe, ce sont des jeunes comédiens prometteurs qui tirent leur épingle du jeu, menés par un Samuel Kircher qui attire toute notre attention depuis ses débuts dans L’été dernier (2023) de Catherine Breillat.

    La Danse des renards met en scène une meute de jeunes hommes vivant en internat, réunis par leur pratique de la boxe au sein d’un programme sport-études. Samuel Kircher y incarne Camille, figure dominante promise à briller aux prochains championnats d’Europe. Mais ce destin tout tracé vacille lors d’une virée en forêt, où une chute l’oblige à ralentir. Si son corps se remet rapidement, la blessure est ailleurs, plus profonde. Peu à peu, Camille se détourne de son ami Matteo (Faycal Anaflous) et de la salle de sport, lui préférant la compagnie de Yas, une fille de son âge, et des renards qu’il nourrit en secret dans la forêt.

    Le réalisateur Valery Carnoy fait le choix judicieux de ne pas raconter un lent et fructueux retour sur le ring, mais l’histoire d’un adolescent qui découvre un monde en dehors de sa pratique. Ce déplacement progressif met en lumière la place que Camille occupe au sein du groupe, c’est-à-dire celui du champion à travers lequel les autres — coach comme coéquipiers — projettent leurs propres ambitions et rêves. Réduit à cette fonction, il ne semble exister qu’à condition de performer, que ce soit dans les vestiaires ou dans le combat. Tel le renard de nature solitaire, Camille expérimente ce que signifie s’extraire du groupe: un geste à la fois libérateur, révélateur et profondément inquiétant.

    En sortant des rangs, Camille amorce un processus de reconstruction, laissant affleurer une fragilité que le cadre du sport et du groupe tendait à étouffer. Le film aborde alors, par touches discrètes, la question des violences subies — familiales notamment — qui semblent hanter plusieurs personnages, de Camille à d’autres garçons, jusqu’à la jeune fille qu’il fréquente. Dans ce contexte, le retrait n’apparaît plus comme une fuite, mais comme une nécessité, celle de se préserver pour mieux se reconstruire.

    Si la mise en scène reste parfois sage, voire académique, elle s’autorise néanmoins de belles respirations. Les échappées dans la nature et les rendez-vous clandestins avec Yas insufflent au récit une dimension plus sensorielle et poétique, en contraste avec l’enfermement des espaces collectifs. Ce sont pourtant les scènes de groupe qui constituent le point fort du film. En révélant avec acuité les codes et tensions de l’entre-soi masculin, Carnoy démontre ses qualités de directeur d’acteurs et valorise pleinement l’interprétation  de sa jeune distribution.

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    La Danse des renardsRéalisateur : Valéry CarnoyGenre : DrameActeurs et actrices : Samuel Kircher, Faycal Anaflous, Jef CuppensNationalités : Belgique, FranceDate de sortie : 25 mars 2026 Le premier long métrage du réalisateur belge propose une intéressante étude de personnage, déjouant les attentes du film...La Danse des renards : baisse pas ta garde !