
L’ogre de la salle de bain
Autrice : Gaëlle Arnaud
Illustratrice : Stéphanie Augusseau
Éditeur : Alice éditions
Date de parution : 26 février 2026
Genre : Album jeunesse, petite enfance
L’ogre de la salle de bain fait partie de ces albums qui osent aborder le sujet difficile des abus sexuels avec les jeunes enfants, dès la maternelle. Avec un texte pudique et des métaphores centrées sur les émotions de la petite fille, le livre encourage les enfants à se tourner vers des adultes de confiance.
Marie, comme toutes les petites filles, aime jouer avec la mousse dans le bain. Mais un jour, un « ogre » lui rend visite dans la salle de bain, et Marie ne comprend pas ce qui se passe : elle a peur, elle a mal. Elle n’ose pas en parler à sa maman, de crainte de lui faire de la peine. Heureusement, un jour, elle trouve une oreille attentive auprès de la maman de son amie Éva. C’est la fin du cauchemar : désormais, il n’y aura plus jamais d’ogre dans la salle de bain.
Il n’est pas facile pour les adultes d’aborder un sujet aussi dur, aussi douloureux, avec de jeunes enfants. Pourtant, la meilleure façon d’arrêter les abus est de briser le silence. C’est pourquoi des albums comme L’ogre de la salle de bain peuvent jouer un rôle essentiel pour prévenir les violences, les repérer et accompagner les enfants qui en sont victimes.
Les magnifiques illustrations de Stéphanie Augusseau adoucissent la dureté du propos en mettant en avant le monde intérieur riche de la petite héroïne. Elle s’imagine un univers peuplé de princesses, de fées et d’ogres, où le mal se matérialise sous la forme de feuilles de lierre rouge et de cactus, des « invasives » qui étouffent et qui piquent. Malgré une mise en page aérée, la police de caractères est très petite, et donc peu lisible.
Le texte respecte la sensibilité des jeunes enfants, même si les adultes doivent se préparer à répondre à des questions difficiles pendant la lecture : pourquoi y a-t-il un ogre dans la salle de bain ? Pourquoi Marie doit-elle changer de maison ? L’ogre de la salle de bain ne se lit pas comme n’importe quel album, mais il a le mérite de proposer une manière sensible et respectueuse d’aborder l’indicible, pour donner une voix à toutes les petites victimes qui ont eu le malheur de croiser un ogre sur le chemin de l’enfance.
