L’extravagante école de Mélisande Malice
Autrice : Kate McKinnon
Illustrations : Alfredo Caceres
Éditeur : Pocket Jeunesse (PKJ)
Date de parution du tome 1 : 26 mars 2026
Date de parution du tome 2 : 13 août 2026
Genre : Roman jeunesse
Loufoque, drôle et inventive, la série de romans jeunesse L’extravagante école de Mélisande Malice entraîne les lecteurs dès 9 ans dans les aventures déjantées d’un quatuor féminin aussi atypique qu’attachant. Mélisande, une professeure de « sciences folles » rejetée par ses pairs, et ses trois jeunes élèves Gertrude, Eugénie et Didi, peinent à trouver leur place dans une société obsédée par les convenances. Entre complots, nature fantastique et inventions improbables, les deux premiers tomes séduisent par leur énergie positive et leur humour absurde.
Trois orphelines à la marge
Gertrude, Eugénie et Didi sont trois orphelines de 11-12 ans avides de comprendre le monde qui les entoure. Pourtant, leur curiosité les rend indésirables aux yeux de leur famille adoptive. Surnommées les sœurs Porch, bien qu’elles n’aient aucun lien de parenté biologique, elles vivent à Antiquarium, une petite ville aussi prétentieuse que conformiste, où seules comptent les apparences, l’ordre et les bonnes manières. Si le lieu, les personnages et l’époque sont fictifs, l’univers empreint de fantastique évoque clairement le nord-est des États-Unis au début du XXe siècle.
Dans le tome 1 de L’extravagante école de Mélisande Malice, les trois jeunes filles sont renvoyées de l’école des bonnes manières. Elles sont alors recueillies en secret par Mélisande Malice, une mystérieuse professeure de « sciences folles ». Auprès de cette femme excentrique, elles découvrent enfin un lieu où leurs différences et leurs talents sont valorisés. Chacune rêve de développer sa passion : la chimie pour Eugénie, la physique pour Didi, et la biologie pour Gertrude.
Le récit est raconté du point de vue de Gertrude, une jeune fille qui ressent une immense empathie envers tous les êtres vivants, même les plus mal-aimés. En tant qu’aînée, Gertrude se sent responsable de ses deux sœurs et culpabilise à chaque revers de fortune. Car si la rencontre avec Mélisande offre de nouvelles perspectives à ses élèves, elle n’est pas sans complications. Le quatuor se donne en effet pour mission de sauver la ville d’une catastrophe imminente impliquant un ver géant mangeur de pierres…
Dans le tome 2, Les secrets de la Perle Pourpre, les trois sœurs parviennent à s’échapper de l’école pour ratées où elles ont été envoyées de force. Elles rejoignent Mélisande Malice pour désamorcer un nouveau complot, impliquant cette fois une forme de crevette très spéciale. L’intrigue se déploie au sein de l’Hôtel de la Perle Pourpre, un endroit qui va faire émerger une partie du secret sur les origines des fillettes. Plus encore que dans le tome 1, on s’attache au personnage de Gertrude et on s’immerge dans l’univers loufoque mais bizarrement familier d’Antiquarium.
Une narratrice complice et malicieuse
L’autrice, Kate McKinnon, est une célèbre comédienne américaine, connue notamment pour ses sketches dans l’émission Saturday Night Live. On retrouve dans L’extravagante école de Mélisande Malice son humour surréaliste, ainsi que son don pour créer des personnages excentriques, à la fois bizarres et étonnamment crédibles.
Le récit est porté par une narratrice taquine : une dénommée Edwina Fineflamme, dont on imagine qu’on découvrira le rôle exact dans le tome 3. Celle-ci multiplie les apartés adressés au lecteur et n’hésite pas à interrompre l’histoire pour proposer un « entracte » ou glisser des remarques aussi absurdes qu’ironiques (« si vous avez un peu de temps à tuer, tout en gardant à l’esprit que tuer, c’est mal »). Les nombreuses notes de bas de page sont par ailleurs de véritables digressions humoristiques. Ces « pauses » créent une distance comique et contribuent largement au charme du roman.
L’univers fantastique du roman se distingue également par son vocabulaire inventif. Les disciplines scientifiques traditionnelles deviennent ainsi la « gemmistrie » ou la « fryzzique », tandis que chaque chapitre contient des expressions en gras et en italique qui créent un effet à la fois comique et dramatique.
Féminisme et anticonformisme
Au-delà de son humour absurde et débridé, L’extravagante école de Mélisande Malice contient un message résolument positif sur le droit à la différence. Les sœurs Porch, constamment rabaissées par leur entourage, apprennent à faire confiance à leurs talents grâce à leur rencontre avec Mélisande. Le roman constitue ainsi un véritable plaidoyer pour l’anticonformisme. Cette dimension est renforcée par la place accordée aux personnages féminins, qui occupent la plupart des rôles majeurs de l’intrigue, jusqu’à la maire de la ville.
Outre ses belles illustrations de couverture, la série de romans est ponctuée d’illustrations en noir et blanc qui donnent vie aux inventions farfelues et aux créatures improbables issues de la « science folle ». Le style est vif, les dialogues enlevés et les scènes d’action parfaitement rythmées. On imagine d’ailleurs très facilement cette série adaptée en film d’animation.
Accessible dès 9 ans, la lecture de L’extravagante école de Mélisande Malice est toutefois relativement exigeante (plus de 300 pages par tome). Elle séduira particulièrement les jeunes lecteurs déjà à l’aise et amateurs d’univers fantastiques originaux. Le dénouement du tome 2 étant particulièrement réussi, on a hâte de découvrir le tome 3 !
