Kidnap, portée disparue… la carrière de Halle Berry

Kidnap

de Luis Prieto

Thriller

Avec Halle Berry, Sage Correa, Dana Gourrier, Christopher Berry, Chris McGinn

Sorti le 17 avril 2017

Alors que Karla a emmené son fils Frankie en sortie au parc, celui-ci se fait enlever sous ses yeux, et embarquer de force dans une voiture. Déterminée à sauver son fils de ses ravisseurs, sans jamais baisser les bras, Karla se lance dans une course-poursuite effrénée pour le récupérer.

Réalisé par l’espagnol Luis Prieto – responsable du remake de Pusher et donc l’un des derniers presse-boutons recrutés par Hollywood – Kidnap est une série B vraisemblablement conçue comme un véhicule à star pour Halle Berry, dont la carrière semble manifestement en fâcheuse posture. Après quelques thrillers sans intérêt, deux saisons d’une assez mauvaise série de science-fiction (Extant), et un comeback anecdotique en tant que Storm dans l’un des nombreux spin-off de X-men, la voici donc de retour en mère courage dans ce qui pourrait être un petit film d’action épuré et sec.

Les scènes de poursuite en voiture sont en effet construites et filmées dans cette optique, celle de l’efficacité brute et immédiate, et constituent le principal (le seul ?) intérêt du film. En dehors de cela, Kidnap ne se contente malheureusement pas de ce qu’il est, aimerait tout aussi bien faire pleurer dans les chaumières et se donne même un petit air de « réalisme », en s’ouvrant sur un intertitre rappelant que des milliers d’enfants sont portés disparus tous les ans.

Si l’on ne voit déjà pas très bien où le film veut en venir avec ce « rappel » factuel aussi vague qu’inapproprié – Fast and Furious est-il introduit par un message sur la sécurité routière ? Un film de Tarantino rappelle-t-il que les armes à feu sont dommageables pour la santé ? –, la (longue) séquence introductive qui suit atteint un nouveau stade de n’importe quoi en offrant cinq bonnes minutes de « home movies » sur les premières années de Frankie, filmé par sa maman qui l’aime, et destinées à tirer quelques larmes à un spectateur sensible, lequel sera d’autant plus horrifié lorsque le mignon petit garçon se fera brutalement kidnapper.

Après une entrée en matière aussi percutante, le film aura beaucoup de mal à se sauver du ridicule et à regagner un minimum de contenance, puisqu’il a été « nanarifié » d’emblée par ses premières minutes. Et ce n’est pas les monologues édifiants et hystériques que débite la pauvre Halle Berry, seule dans sa voiture la majeure partie du temps, qui lui feront remonter la pente. Heureusement, au trente-sixième degré, l’esprit de sérieux atterrant de Kidnap le rend appréciable en tant que solide nanar.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine