Le Khôn, voyage au coeur d’un mythe thaï

Ce mardi 20 mai, le Palais de Beaux-arts présentait, le Khôn, spectacle de danse traditionnelle Thaïlandaise retraçant les épisodes du Ramakien, la version thaïlandaise du Râmâyana, un des mythes fondateurs de l’hindouisme. L’histoire concerne la guerre menée par Râma contre Tiosakanth, roi démoniaque ayant enlevé Sîdâ, l’épouse de Râma. Cette chorégraphie stylisée est interprétée par des danseurs masqués et fait intervenir un orchestre et un narrateur.

Chaque scène est surtitrée d’une explication en anglais, permettant au spectateur d’avoir les clefs de compréhension de l’histoire. Sans les surtitres, l’histoire resterait assez confuse, tant le récit est stylisé. Les différents personnages sont vêtus de manière très fastueuse et portent des costumes individualisés. Ces parures, alliés à la gestuelle très élégante, concourent au raffinement de la représentation. Le masque reflétant la personnalité des danseurs empêche ces derniers d’émettre des sons, la présence d’un narrateur est dès lors indispensable.

Le public est accueilli avant la représentation par une ouverture musicale faisant partie de la tradition Thaï dans le drame masqué du Khôn. Ce rituel a pour but de rendre hommage à la grande musique et de demander aux maitres-danseurs du passé de bénir leur performance. Aux traditionnelles cinq pièces jouées anciennement par l’orchestre, se sont ajoutées divers morceaux en fonction des décors et des chorégraphies. L’orchestre doit dès lors maitriser les mélodies et les marches, mais également les mouvements de la danse classique. L’orchestre se développe autour des joueurs de Ranat ek, instrument traditionnel Thaï assimilé à un xylophone alto. Le taphon (sorte de tambour traditionnel) et le tambour viennent s’y ajouter et rythment la chorégraphie. Enfin, l’orchestre se complète d’une flûte traditionnelle thaï.

Le chœur, qui n’était pas présent pour cette représentation aux Beaux-arts, est appelé le Kon phak et récite d’anciens poèmes. Ce chœur doit parfaitement converser avec le sujet et s’adapter aux mouvements des danseurs. Il y a donc une relation étroite entre le danseur et le chœur, ainsi qu’entre le chœur et l’orchestre et le narrateur.

Ce récit dansé du Râmâkien tout en élégance a le mérite de faire voyager le spectateur dans un monde exotique et apaisant. Les scènes de bataille sont également chorégraphiées avec des acrobaties et rendent le récit extrêmement apaisant et agréable à regarder.

Déborah Lo Mauro
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