Bienvenue dans Back to the 20th Century ! Retrouvez toutes les semaines, l’histoire d’un film sorti au 20ème siècle, il y a 30 ans, 40 ans, 50 ans, etc.

Il y a 30 ans, lors de la deuxième semaine de février 1996, sort Jumanji, réalisé par Joe Johnston et avec Robin Williams au sommet de sa gloire.
Boum boum boum boum
Mais avant de trembler au son de ces tambours tribaux qui ont marqué toute une génération, revenons sur les débuts de ce film. Depuis la sortie de Jurassic Park qui a mis au goût du jour les films d’aventures, un peu horrifiques et avec des effets spéciaux à la pointe, tout le monde veut récupérer la recette. D’abord en nous inondant d’œuvres avec des dinosaures et ensuite avec l’envie d’explorer d’autres mondes. On verra alors apparaître Casper, le petit fantôme chez Universal ; L’indien du placard à la Paramount ; ou encore The Mask à la New Line Cinema. La Columbia, dirigée par le producteur et homme d’affaires Peter Gruber, ne peut pas être hors du coup et se met à chercher une nouvelle idée.

Il profite d’un voyage personnel du côté de Boston pour pousser jusqu’à Providence où habite Chris Van Allsburg, un auteur plusieurs fois récompensé pour ces œuvres littéraires pour enfants. Deux de ces succès ne sont pas passés inaperçus dans le monde du cinéma, toujours à l’affût de nouvelles idées. Le premier ouvrage connu, c’est Boréal-Express, sorti en 1985 et qui sera lui aussi adapté en film, d’animation cette fois, sous le titre Le Pôle Express, réalisé par Robert Zemeckis et avec en vedette, Tom Hanks dessiné. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est l’autre livre populaire de l’auteur : Jumanji, un livre qu’il a imaginé après avoir rêvé qu’il jouait au Monopoly avec de l’argent réel. Il y a de l’aventure, il y a de quoi effrayer les enfants, il y a de quoi faire un paquet d’effets spéciaux et puis ça se passe dans la jungle. Et depuis Jurassic Park, les gens aiment bien la jungle et les animaux, non ?
Van Allsburg est ravi de cette proposition et propose même de réécrire son histoire à destination du cinéma. Il ajoute une tonne d’éléments absents du livre et qui seront parfois gardée dans la version finale, comme par exemple le personnage d’Alan Parish, l’adolescent bloqué dans Jumanji pendant 26 ans. Ce travail lui vaudra d’être crédité comme scénariste du film par la suite mais son manque d’expérience ne suffira pas et d’autres scénaristes seront appelés en renfort pour l’améliorer. Surtout qu’en l’état, Robin Williams l’a refusé et n’accepte le rôle d’Alan Parish, qu’après de nombreuses réécritures par entre le scénariste Jonathan Hensleigh, qui a déjà écrit Une journée en enfer pour John McTiernan et à qui on devra des classiques du film d’action américain des années 90 comme Rock, Con Air, Armageddon ou 60 secondes chronos.

Pourtant, au départ, l’acteur n’était pas envisagé pour le film ! Joe Johnston, le réalisateur, a peur de Williams, qui est réputé pour énormément improviser sur les tournages. Au départ, c’est Tom Hanks qui est approché pour le rôle mais entre Forrest Gump et Apollo 13, il préfère refuser (et il se rattrapera, comme on l’a dit au début, en jouant dans Le Pôle Express, autre œuvre du créateur de Jumanji). Et tout le gratin d’Hollywood de l’époque sera envisagé : Bruce Willis, Michael Keaton, Kevin Kline, Harrison Ford, Kevin Costner, Michael Douglas ou encore Arnold Schwarzenegger. Mais le studio ne veut que Robin Williams et après que l’acteur ait rassuré Joe Johnston qu’il a bien compris qu’il s’agissait d’une histoire bien structurée, qu’il jouerait les scènes comme indiqué dans le scénario, le projet peut démarrer ! Le réalisateur laissera même, pour le remercier, Robin Williams improviser dans certaines scènes avec Bonnie Hunt (Beethoven) qui a été choisie pour le premier rôle féminin, après le refus de Kirstie Alley (Allo Maman, ici bébé !).

Dans le reste du casting, on retrouve Jonathan Hyde, qu’on a découvert l’année d’avant dans Richie Rich et qu’on reverra ensuite dans Titanic, Anaconda ou La Momie ; qui joue le père d’Alan Parish et aussi le méchant du film, ce qui tendrait à montrer la psychologie d’Alan rapport aux figures d’autorités, mais ça n’a jamais été clairement expliqué. C’est donc peut-être juste aussi pour permettre à l’acteur d’avoir un rôle un peu plus conséquent. Un autre rôle marquant, c’est aussi celui de David Alan Grier, aussi humoriste célèbre, qui joue un flic à qui il arrive tous les malheurs du monde en essayant de régler les problèmes que rencontre sa juridiction. Mais parlons aussi des deux enfants, Peter et Judy, les deux héros de l’histoire. Peter est joué par un gamin déjà habitué à faire des voix pour Disney (par exemple Chip, la petite tasse dans La Belle et la bête), métier qu’il fera principalement par la suite. Judy est jouée par Kirsten Dunst qui avait déjà marqué les esprits pour son rôle de petite fille-vampire dans Entretien avec un empire et qui a réussi à passer devant Scarlett Johansson, un temps aussi évoquée pour le rôle.

L’autre segment important pour la réussite du film, c’est bien sûr la société qui va s’occuper des effets spéciaux. Et c’est bien sûr ILM, la société créée par George Lucas pour la création de Star Wars et qui est maintenant sur tous les fronts. Et ça tombe bien, c’est eux qui ont fait les SFx pour Jurassic Park et ils connaissent bien Joe Johnston car ils ont déjà travaillé avec lui sur Les aventures de Rocketeer. Mais comme le diront certains critiques à la sortie, ce n’est pas leur meilleur travail. Car ils ont voulu faire en sorte que tous les animaux du films soient soit des effets numériques, soit des animatroniques. Si d’un côté, certains effets sont vraiment dingues pour l’époque, les singes numériques ou les araignées robotisés sont plutôt ratés.

Si les critiques ne sont pas spécialement emballés et rangent plutôt le film dans la case des divertissements pour enfants, le film fait pourtant un carton partout dans le monde et deviendra un film culte, surtout grâce à la prestation géniale de Robin Williams qui, après Peter Pan dans Hook, prouve qu’il est parfois dans le rôle de l’enfant dans un corps d’adulte. Même s’il retentera une troisième fois ce type de rôle, cette fois avec moins de succès, dans Jack de Francis Ford Coppola. On peut même aller jusqu’à dire que Jumanji sera presque le dernier gros succès de Robin Williams. Si on excepte son rôle magnifique dans Will Hunting qui lui permettra d’obtenir l’Oscar du meilleur second rôle ; dans une moindre mesure, ses rôles de méchants dans Insomnia, Photo Obsession, Final Cut ; ou son apparition dans la peau du président américain Theodore Roosevelt dans les trois opus de La Nuit au musée ; Robin Williams ne retrouvera jamais le succès planétaire qu’il a connu entre le début des années 80 et le milieu des années 90.

Mais l’exploitation du concept de Jumanji ne s’est pas arrêtée après la sortie du film. Tout d’abord, directement à la télévision, dans le cadre d’une série télé d’animation, diffusée de septembre 1996 à mars 1999 et diffusée en 1997 par chez nous, dans le cadre de l’émission Les Minikeums. Mais si on retrouve Alan, Peter et Judy, l’histoire se déroule cette-fois directement dans le jeu. Chaque épisode est une nouvelle partie et une nouvelle énigme à résoudre. Si à l’époque, elle paraît un peu bizarroïde pour les enfants qui ont découvert le film, il faut peut-être revenir dessus. Si on passe outre le visuel déroutant, c’est une tonne d’idées qui seront trouvées durant 40 épisodes et l’univers de Jumanji prend vraiment une autre dimension. En effet, en découvrant plus profondément le monde où Alan Parish a passé 26 ans, Peter et Judy vont être amenés à voir l’envers du décor : il y a toute une machinerie derrière ces pièges et même certains monstres. De plus, la série, contrairement au film, a droit à une réelle conclusion.

En 2002, Chris Van Allsburg, l’auteur original de Jumanji sort une suite à son livre : Zathura où on suit les aventures de deux frères, qui se disputent sans cesse, propulsés dans l’espace par un jeu appelé Zathura. Le studio tente alors de réitérer le succès en l’adaptant en film en 2005 sous la direction de Jon Favreau, un acteur passé récemment à la réalisation et qui a marqué les familles américaines avec Elfe, film depuis devenu culte outre-manche où on suit les aventures de Will Ferrell qui grandit (un peu trop) au milieu des elfes du Père Noël. Mais si le procédé est le même, le succès n’est pas au rendez-vous, sûrement dû au fait que les personnages sont vraiment insupportables (que ce soit les deux frères ou la grande sœur jouée par Kristen Stewart qui n’a pas encore connu le succès avec Twilight qui sortira en 2008) et évidemment qu’il n’y a pas Robin Williams ! Il y a bien Tim Robbins qui est mis en avant sur l’affiche mais il semble être venu juste pour encaisser son chèque vu qu’il n’apparaît que dans l’introduction et à la toute fin.

C’est au milieu des années 2010 que Jumanji se rappelle à nous avec l’annonce d’un reboot du film avec Dwayne Johnson ! Ce n’est pas franchement une nouvelle réjouissante mais quand le film sort les avis sont mitigés. D’un côté, certains apprécient la mise à jour en faisant de Jumanji un jeu vidéo et salue le charisme et l’auto-dérision de Dwayne Johnson et d’autres crient à la trahison. C’est malgré tout un succès et une suite est mise directement en chantier et sort deux ans plus tard. Et évidemment, une troisième suite est déjà prévue : le tournage a débuté en novembre 2025 et le film est prévu pour la fin de l’année 2026. Une première image du film semble annoncer que cela se passera cette fois dans le monde réel et plus totalement dans le jeu.

Boum boum boum boum
Tiens, c’est quoi ce bruit ? Je vais aller voir. Mais avant de vous laisser, encore quelques anecdotes en vrac sur le film. Kirsten Dunst et Bradley Pierce joueront une nouvelle fois un frère et une sœur dans le téléfilm The Siege at Ruby Ridge, sorti l’année suivante. Dans le crocodile que combat Robin Williams dans la scène de la mousson, c’est un vrai marionnettiste à l’intérieur qui a dû plusieurs fois calmer Williams qui se laissait emporter par la scène. Un rhinocéros écrase une voiture sur son chemin avec Peter à l’intérieur. Cette scène rappelle beaucoup la scène du petit garçon de Jurassic Park bloqué dans la voiture qui est écrasée par le T-Rex. “Et nous revoilà dans la voiture” comme on dit. A la fin du film, le boîte de jeu échoue sur une plage et dans la version française du film, on entend parler en espagnol. Dans la version originale, les personnes qui trouvent le jeu parlent français. C’est une habitude dans les versions françaises de transformer le français en espagnol. C’était déjà le cas dans la fameuse scène de Friends où Joey tente d’apprendre le français avec Phoebe. Et enfin, un mot sur la signification du mot Jumanji. Chris Van Allsburg prétend qu’il cherchait un mot à consonance étrangère et qu’il aurait trouvé ce mot dans la langue zoulou et qui signifierait “plusieurs effets”. Une anecdote à prendre avec des pincettes car la YouTubeuse Meeea a vérifié et n’a pas trouvé ce mot dans les dictionnaires zoulou. Elle n’y a trouvé que les mots Juma et Nje qui voudrait littéralement dire “surprise surprise”. Si vous êtes fans des années 90, je vous invite à découvrir de toute urgence cette chaîne YouTube !
Boum boum boum boum
Vous aussi ce bruit vous obsède ? Vous serez alors toujours autant fan du film, trente ans après. Malgré les effets spéciaux qui ont plutôt vieilli, le film marche aussi sur les enfants de notre époque. Alors, n’hésitez pas à leur faire découvrir cette version avant de leur montrer les versions modernes.
Boum boum boum boum
Tiens, c’est quoi cette boîte pleine de poussière ?


