
Jean-Jacques aux grandes oreilles
Texte et illustrations : Romane Lefebvre
Éditeur : le diplodocus
Date de parution : 11 février 2026
Genre : Album jeunesse, petite enfance
Jean-Jacques aux grandes oreilles est un album destiné aux 3 ans et plus qui s’intéresse, sans grande surprise, aux grandes oreilles de Jean-Jacques le lapin. Deux autres lapins en discutent, eux dont les oreilles sont de taille « normale ». Les grandes oreilles de Jean-Jacques sont vraiment « gigantesques ». Sauf que la discussion, bien que commençant sous les rires, ne prend pas le tour attendu du quolibet ou de la moquerie. Nous sommes plutôt dans le registre de l’émerveillement et de la (saine) fascination : imagine tout ce que Jean-Jacques peut sans doute faire avec ses grandes oreilles ?
C’est là que l’imaginaire se débride, déborde même. L’autrice-dessinatrice Romane Lefebvre s’en donne à cœur joie pour illustrer ce lapin et ses grandes oreilles dans toutes sortes de situations burlesques et drôles à la fois, plus folles les unes que les autres. Jean-Jacques fait du surf ? Bien sûr, et les oreilles servent d’excellentes planches. Jean-Jacques tente de rencontrer le yéti des montagnes en skiant ? Évidemment, il n’a pas besoin d’emprunter le matériel, il l’a sur la tête. Jean-Jacques se balade de liane en liane (avec ses oreilles, vous l’aurez deviné), Jean-Jacques dompte un crocodile, Jean-Jacques… vous avez compris la suite.
Jean-Jacques aux grandes oreilles donc un album très généreux dans son délire, délire qui inclut également la taille de l’album, inhabituel, plus haut que large, pour mieux faire comprendre que les oreilles de Jean-Jacques sont vraiment les plus grandes du monde. L’autrice a sans doute judicieusement choisi ce prénom « connoté », « faire son Jean-Jacques » étant synonyme de « faire son malin ». Elle décide de renverser un peu la tendance, Jean-Jacques n’étant ici que la pâte à modeler malléable des désirs des autres et non pas le propre narrateur de sa vie extraordinaire (ou non). Et quand soudain notre héros qui suscite le fantasme prend son envol, laissant les autres bouche bée et cois, il ne leur reste plus qu’un « Saperlipopette » pour conclure cette histoire. Une belle échappée à la fois vers le monde fantasque de l’imaginaire et dans celui du réel toujours plus dingue que les plus doux rêves.
