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    Je n’aurai plus peur. Dans le noir, vous ne me verrez plus pleurer

    Je n’aurai plus peur est un album jeunesse dès 5 ans (sur le papier), dédié aux enfants victimes de la guerre. Vu la complexité du sujet et surtout la noirceur générale, on pourrait se demander si cet âge prescrit est bien approprié. Évidemment, parler de la guerre, du harcèlement scolaire, et d’un climat de violence qui règne dans la société, peut être intéressant. Cependant, les personnes qui tiennent à laisser les enfants baigner dans une certaine innocence tant qu’elles peuvent ne seront sans doute pas attirées par ce livre.

    La couverture de Je n’aurai plus peur montre un L inversé tout en noir profond, formant un mur délimitant une fenêtre. Un petit lapin regarde à travers, habillé comme un être humain. Ce qu’il voit n’est pas joyeux, d’où qu’il regarde. S’il se souvient de son passé, il se remémore la guerre avec sa maman qui lui pose des questions. Si elle lui demande comment sa journée s’est passée à l’école, il n’ose pas lui dire qu’il voit des copains et des copines se faire violenter dans la cour. La violence est partout. Heureusement, il aura la force et le courage d’aller trouver la directrice pour l’alerter des événements, une manière de dire « non » à la violence, qui est vraisemblablement partout, dans les pays en guerre ou non.

    Je n’aurai plus peur célèbre ces mouvements de révolte, ces actes qui changent des vies, ces moments où le citoyen lambda décide de bouger pour « sauver des vies ». On peut tout de même se demander si la thématique n’est pas trop lourde à traiter sur une dizaine de pages pour des enfants de 5 ans. Et puis, pourquoi avoir voulu traiter de la guerre et du harcèlement scolaire ? Est-ce que la violence est la même ? Admettons qu’on réponde oui à la question, faut-il pour autant l’afficher, cette violence, dans les traits, dans les yeux agressifs, dans les carabines dressées, dans les gens, morts ou blessés, couchés à terre entourés d’une flaque rouge autour de leur tête ? Le monde est déjà tellement violent, et ces premières semaines de 2026 ne nous contrediront pas. Avons-nous réellement besoin et envie d’afficher une autre forme de violence à la figure de nos enfants, si jeunes ? Et même en tant qu’adultes responsables ou parents, avons-nous envie de lire des récits si sombres où le désespoir semble suinter de partout, bien plus que le courage ou la joie d’essayer de parvenir à trouver une certaine justice ? Et puis, comment trouver sommeil après cela ?

    Le sujet traité est autant courageux que ce petit lapin. Il en faudrait, des lapins rebelles, pour contrer cette violence réelle qui est en fait partout et s’infiltre jusque dans nos maisons. Faut-il pour autant la voir redessiner tout de noir nos albums d’enfants ? Je n’aurai pas peur ferait par contre un excellent support pour parler avec des pré-ados (ou des ados) de violence éducative, de la guerre en cours en Ukraine (et ailleurs) ou de tout autre type. Peut-être est-ce aussi un outil thérapeutique adéquat pour jeunes enfants traumatisés.

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    Je n'aurai plus peurTexte : Jean-François Sénéchal Illustrations : Simone Rea Éditeur : La PartieDate de parution : 5 février 2026Genre : Album jeunesse Je n’aurai plus peur est un album jeunesse dès 5 ans (sur le papier), dédié aux enfants victimes de la guerre....Je n’aurai plus peur. Dans le noir, vous ne me verrez plus pleurer