Janine Jansen et Itamar Golan au Bozar

Janine Jansen au violon et Itamar Golan au piano ont présenté ce lundi 05 mai 2014 dans la salle Henry Le Bœuf au Bozar un programme varié et diversifié.

Ils collaborent ensemble depuis plusieurs années dans le cadre de leur partenariat en musique de chambre. Cette complicité sur scène s’est faite entendre via une complicité des instruments.

La violoniste Jeanine Jansen a étudié au conservatoire d’Utrecht. Elle a travaillé avec le Berliner Philharmoniker, la London Symphony Orchestra ou encore le Mahler Chamber Orchestra. Elle vient de terminer une tournée européenne avec le Philharmonia Orchestra s.l.d. Esa-Pekka Salonen.

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Son dernier disque reprend des œuvres de Bach (2013). Elle a joue sur le Barrere de Stradivarius datant de 1727.

Itamar Golan a quant à lui étudié en Israël et a joué avec l’Israël Philharmonic Orchestra, le Berliner Philharmonic ou encore le Wiener Philharmonic.

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Il est professeur au conservatoire de Paris et son dernier disque concerne Bach & Beethoven.

Le concert a été ouvert avec une Sonate pour violon et piano (JW VII/7) de Leos Janacek (1914-1921). Ce compositeur tchèque laisse la place au lyrisme et à la mélodie dans ses compositions.

L’accent est mis sur les émotions et cette sonate parait d’emblée larmoyante. Le piano offre une réponse au violon et vice versa, chacun reprenant sa complainte à son tour. La mélodie tour à tour s’entremêlent et s’isole entre les deux instruments.

La clef d’écoute du programme BozarMusic nous fournit les principales caractéristiques : « …ardente avec de nombreux fragments proches de l’improvisation. Dureté et caractère agité se mêle aux émotions ».

Le deuxième morceau joué est une Fantaisie pour violon et piano en do majeur, op.159, D934 de Frans Schubert (1828). Cette pièce est composée de différentes parties unies par un thème commun. Les parties présentées ce soir (Andante molto, Allegretto, Andantino, Allegro vivace, Allegretto etPresto) laissent transparaitre un lien évident via des passages qui réapparaissent différemment.

On entre avec ce morceau dans un vrai duo avec une reprise du thème par le piano puis par la violon pour enfin le répéter à l’unisson. Cette fantaisie est très vivante et la tension monte progressivement pour donner un caractère « endiablé » au morceau. Il en ressort une grande alliance entre les deux instruments jouant véritablement ensemble.

Jeanine et Itamar ont ensuite joué une œuvre d’Ernest Chausson, Poème pour violon et piano, op.25 (arrangement de 1896). Ce poème se base sur une œuvre littéraire de Tourgueniev : Le chant de l’amour triomphant. Le piano ouvre la voie pour ensuite laisser la place à l’expressivité redoublée du violon. Le piano vient ensuite accompagner cette complainte et un véritable jeu de ping-pong s’empare de la partition qui oscille entre le clavier et l’archet.

Ce morceau retrace l’histoire d’un amoureux éconduit qui revient d’Orient avec de nouvelles sonorités enchanteresses sur son violon pour tenter d’hypnotiser sa belle. Le violon y prend donc toute la place et va jusqu’à crier son désespoir, dans une sonorité toujours douce et mélodieuse à l’oreille.

Le concert s’est clôturé sur une Sonate pour violon et piano n°3 en ré mineur, op.108 de Johannes Brahms (1886-1888). Cette œuvre fait partie des rares sonates pour violon et clavier conservé du compositeur (dont seulement trois ont été conservées). « On y découvre une véritable tension et allures symphoniques. La douceur du début s’oppose à la colère déversée avec force ». La mélodie apparait effectivement très douce avec une certaine mélancolie et un tempo plutôt lent. La fougue s’y immisce peu à peu : Allegro alla breve, Adagio, Un poco presto e con sentimento, Presto agitato.

Ce dernier mouvement est beaucoup plus vif e emporté que l’entrée en matière de la sonate. On y ressent beaucoup de cœur et de sentiments qui emportent l’auditeur dans cette fougue qui abandonne totalement la rigueur contenue du début.

Diversité, émotions et expressivité, tels sont les maitres-mots de cette soirée haute en couleurs et en sonorités.

Déborah Lo Mauro
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