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    Galileo Galilei, viser la Lune j’y joue encore et en cœur

    Il y a beaucoup, mais alors beaucoup, de jeux de société qui prennent pour thème l’espace. Ainsi, le nombre de fois où on a conquis des planètes et marché sur des systèmes solaires autour d’une table se compte en dizaines, en centaines, voire en milliers pour ceux qui ont oublié ce à quoi ressemblait la couleur du ciel. Sortir en 2024 (date de la diffusion de la version allemande) un jeu où il est question de l’espace peut donc s’avérer un peu redondant pour qui n’est pas un fan de SF. Et pourtant pas du tout.

    Pas du tout, dans un premier temps, parce qu’à la différence de beaucoup de jeux visitant le cosmos, Galileo Galilei ne présente pas un univers de science-fiction. Pas du tout, ensuite, parce que, découlant de cette dernière information, il n’est donc pas question ici de conquérir d’une manière ou d’une autre, mais d’observer. En effet, comme l’indique le nom du jeu, il met en scène des astronomes. On incarne ainsi Galilée, Copernic, Kepler, tous partis à la découverte de l’univers pendant la Renaissance.

    Ce principe d’observation de l’espace est à la fois le fond et la forme du jeu. Devant chaque joueureuse, un plateau sur lequel tourne une lunette astronomique. À chaque tour, on doit la déplacer vers la droite, toujours plus haut dans le ciel, d’une à trois cases. Une fois arrivé à la verticale, on repart vers la case la plus basse. Du moins, pas tout à fait, car avec un télescope on ne regarde jamais très bas, alors impossible de viser les cases les plus basses, celles qui pointent vers le sol. Mais à quoi servent-elles du coup ?

    Concrètement, une case est constituée de deux actions, l’une est fixe, l’autre mobile. Après avoir effectué les deux actions, on enlève l’action amovible et on vient la placer sur la case la plus basse de notre plateau (celle sur laquelle on ne peut pas pointer le télescope), faisant ainsi bouger toutes les autres. Il faut donc avoir de la suite dans les idées, car à chaque tour, les combos possibles ne sont pas les mêmes. Cette mécanique originale, en plus de s’intégrer parfaitement à l’univers du jeu, donne lieu à une véritable réflexion stratégique quant à la suite de sa partie.

    L’utilisation de l’univers à des fins ludiques ne s’arrête pas là. Puisqu’un peu d’histoire ne fait pas de mal, le jeu recontextualise le rôle prégnant de l’Inquisition à cette l’époque. Ainsi, nombre de grandes découvertes que vous ferez au cours de la partie attireront l’attention de membres de l’Église. Membres qu’il faudra s’atteler à persuader au risque de les voir saccager notre contingent final de points.

    Si le jeu peut s’avérer frustrant dans la fin de partie abrupte qu’il propose, on y revient très vite, voulant se focaliser sur un autre aspect, passer plus de temps à observer des astres plutôt que des constellations, utiliser plus de comètes ou au contraire tout miser sur sa bonne réputation auprès de l’Inquisition. Qui plus est, le jeu est beau. Arborant un style entre le dessin et la peinture à l’huile, il évite ainsi les dérives kitsch de certains jeux dépeignant le cosmos et fait écho, dans une certaine mesure, aux œuvres de l’époque qu’il représente. Au final, Galileo Galilei soigne autant sa DA que son gamplay, livrant un jeu d’une très grande cohérence sans pour autant faire fumer les cerveaux pendant des heures.

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    Alan Santi
    Alan Santi
    Journaliste cinéma et théâtre / Responsable jeux de société

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