Freeheld, du larmoyant utile

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Freeheld

de Peter Sollett

Drame, Romance

Avec Julianne Moore, Ellen Page, Steve Carell

Sorti le 18 mai 2016

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Inspiré de faits réels, Freeheld raconte à sa manière l’histoire médiatisée de Laurel Hester, une inspectrice de police atteinte d’un cancer en phase terminale. Son dernier souhait : que sa pension revienne à Stacie, sa compagne.

Nous sommes au début des années 2000 dans le New Jersey aux Etats-Unis. Dans la loi, l’action de verser sa pension à autrui n’est possible qu’entre deux époux. Puisque les deux femmes ne sont pas mariées (le mariage homosexuel est à l’époque inexistant), la hiérarchie leur refuse ce droit. Freeheld relate alors le combat de deux femmes à faire triompher la justice et l’égalité, dans un milieu « hostile » à l’homosexualité.

Avec une telle trame narrative, nous sentons à plein nez la volonté de Peter Sollett d’émouvoir le public à en faire sortir les mouchoirs. Pour incarner les personnages principaux, le réalisateur a fait appel aux brillantes actrices Julianne Moore et Ellen Page pour le couple Laurel-Stacie, Dane Wells dans la peau du collègue-ami de Laurel et Steve Carell en tant que « gay luron » qui en fait des caisses. Pas étonnant de retrouver Ellen Page dans le casting, sachant que la jeune femme a fait son coming-out dans la plus grande des difficultés il y a tout juste deux ans. Freeheld a donc pour elle une dimension réelle et une portée d’autant plus significative. Dans tous les cas, le couple Moore-Page fonctionne bien mais c’est surtout la performance de Dane Wells que nous retiendrons. Son personnage d’abord dans l’ombre (pour mettre en avant le couple lesbien) revient en force dans la deuxième partie du film pour sortir des discours toujours plus justes et puissants. Entre la maladie de Laurel et les échecs du couple à faire changer l’avis de la hiérarchie, le personnage de Steve Carell déboule grossièrement pour s’emparer de l’affaire et mettre sa cause en avant, le mariage homosexuel. Parfois détestable, à la limite du ridicule, ses interventions rendent tout de même le récit plus léger. Cette grossièreté a pu nous faire (sou)rire dans une ambiance lourde et larmoyante.

Même si Peter Sollett a un peu trop poussé dans l’émotionnel, le message principal est là : nous nous rapprochons lentement mais sûrement vers toujours plus d’égalité pour les homosexuels. Et c’est ça, finalement, le plus touchant.

Uyen Vu
A propos Uyen Vu 51 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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